Il a été élu pour agir, et voilà que ses premiers actes "réels"(pas seulement symboliques) provoquent une levée de boucliers (promis à une belle carrière de symbole, je pense). 

Le premier acte, de lui seul, est l'engueulade de son CEMA, le Général Pierre de Villiers, coupable de ronchonnements audibles sur le budget militaire, ses augmentations lentes, ses diminutions brutales.

Particulièrement attaché à sa fonction constitutionnelle de chef des armées, le Président n'a pas admis que le militaire commente les manipulations par Bercy des crédits, et des "dettes", de l'armée, engagée sur plusieurs fronts, le national, et le "post-impérial", plutôt vaste, au secours de nos ex-colonies d'Afrique de l'Ouest.

Le second, décidé par un Ministre chargé de la besogne, a été l'amputation de cinq euros de l'aide personnalisée au logement, une allocation versée généreusement, en particulier aux étudiants.

"pour cinq euros, t'as plus rien!", la modicité de la somme, de la privation qu'elle représente, a été au contraire, présentée par les commentateurs comme la quintessence de la radinerie étatique et de son mépris pour la misère.

De pauvres, les étudiants sont devenus misérables, la diminution, demandée par les électeurs, de la dépense publique, n'était pas la bonne. Quelle aurait été la bonne, entrant dans cette définition? Silence radio.

On comprend donc l'intérêt de la monter en mayonnaise ou en chantilly, et d'en éclabousser le Président et ses serviteurs.

Dans l'esprit des critiques, unanimes, un Président ne doit rien faire. Enfin, rien qui puisse déplaire aux multiples pouvoirs informels qui le surveillent.

Deux éventualités se présentent: Emmanuel Macron, le Président, bien élu*, désavoue son Ministre, et se déjuge comme Président réformateur. Son quinquennat est cuit.

Ou bien il tient bon, et accepte un harcèlement médiatique de quelques semaines, jusqu'à l'événement aléatoire qui prendra la relève des cinq euros criminels. Souhaitons qu'il ne s'agisse pas de cinq morts par attentat**. 

Mon pauvre Président, vous faites connaissance avec la France réelle! Bon courage! Mais n'oubliez pas votre parapluie blindé!

Sceptique

*"On" n'a pas attendu cet incident pour démontrer qu'Emmanuel Macron a été élu par une minorité de français. Pour le coup, les abstentions auraient elles du être comptées comme votes pour....Marine Le Pen? Chiche?

**Cinq morts sur la route ne font pas le poids. Trop banal.