Finalement, cette loi sur "la moralisation de la vie politique française" accouchée dans la douleur, celle des briscards de la politique, survivants de la vague des marcheurs, pourrait bien être une bonne affaire pour la nouvelle génération de ce qui était bien une profession, un métier.

J'ai été imprégné de cette conviction, lancée par les humoristes concepteurs du "bébête show" qui avaient mis dans la bouche de la marionnette représentant François Mitterrand, la sentence:"La politique, c'est un métier!"

Les politiques, députés, ou ministres, que j'ai eu l'occasion de rencontrer, à l'occasion de campagnes importantes, m'ont confirmé cette impression, en majorité. Seuls les plus jeunes faisaient plutôt valoir leur fougue, leur imagination. Mais ceux qui étaient enracinés dans la vie politique, locale, ET nationale, m'ont tous donné l'impression d'une solide expérience, acquise par leur travail. Ils tranchaient avec le YAKA qui inaugure les débats politiques des amateurs, dont je faisais partie. Quand ils ouvraient la bouche, c'était pour du concret, sérieux.

Comme tout le monde, j'ai été bousculé par l'irruption d'Emmanuel Macron dans le jeu politique, puis, par les péripéties de la campagne présidentielle, le coup fourré, et dur, en même temps, qui a frappé François Fillon et les Républicains, leur éviction finale d'une élection qui devait être leur revanche.

Ayant horreur du vide, c'est sans hésitation que j'ai apporté mon intérêt et mon suffrage à Emmanuel Macron, dont la découverte avait été une heureuse surprise. Son entrée en lice était prometteuse d'une vie politique rénovée. Il dérangeait du beau monde, mais je l'évalue toujours capable de se critiquer, de ne pas s'obstiner dans une erreur. 

Son pari de renouveler presque complètement la représentation des français se présentait comme sérieux et réfléchi, mais avec, comme limite, le manque d'expérience d'hommes et de femmes "de bonne volonté", mais presque totalement novices dans la vie politique. Ils ou elles auraient tout à découvrir une fois élus.

C'est ce qui s'est passé, mais sans conséquences sérieuses, les quelques "anciens" ayant apporté leur aide aux nouveaux, pas mal perdus.

Au prix d'une séance prolongée et épuisante, boycottée et méprisée par des opposants déclarés, c'est sur des bases nouvelles et épurées que la nouvelle majorité a défini le cadre dans lequel l'Assemblée Nationale exercera ses fonctions.

Parmi les mesures supprimées, la "réserve parlementaire", un modeste trésor, permettant au parlementaire de faire le bien dans sa circonscription. Elle n'était pas fermée aux opposants. Mais le député ou le sénateur avaient le loisir de choisir parmi leurs fidèles les bénéficiaires de cette manne parfois bien utile. Grâce à elle, mon village a pu "finir" une de ses rues. Les autres attendent.    

Je n'en fais pas un fromage! Ce genre de libéralités ne pèse pas dans l'esprit d'initiative des maires et de leurs conseillers. J'en suis aussi témoin. Quand on veut, on peut. Il faut faire la quête aux aides, contracter des emprunts raisonnables. Au bout du compte, l'augmentation des impôts ne s'impose pas.

À suivre, bien sûr. Les attaques venimeuses contre le Président et son gouvernement sont à leur régime maximum, mais c'est notre habitude. Nos institutions sont là pour neutraliser la versatilité de nos sentiments, la ferveur incendiaire de nos passions.

Sceptique