Candidat, puis, Président, Emmanuel Macron a fait de la cause des femmes une pièce essentielle de son programme. En commençant par s'approcher au plus près d'une parité rigoureuse. Ce que n'avaient jamais pu faire, ni la gauche, ni, surtout, la droite, quand elles prenaient possession du pouvoir.

Une stricte parité, du jour au lendemain, me paraissait impossible, tant, jusqu'à lui, le monde politique était dominé par les hommes, avec les conséquences inévitables d'un déficit de vocations, et d'un autre, de femmes préparées par leur expérience d'élues de tous niveaux.

Au point que le pouvoir précédent, celui de François Hollande, avait commencé à imposer une place minimale faite aux femmes, dans les élections locales, où le scrutin était sur listes. L'alternance hommes-femmes dans la composition des listes assurait aux femmes une représentation dans les conseils municipaux, départementaux régionaux, et, européen. Mais les têtes de liste étaient le plus souvent des hommes.

La droite, a, au contraire, une préférence marquée pour le scrutin uninominal, et ses comités d'investiture ne s'embarrassent pas de parité. Une lutte plus ou moins feutrée sélectionnait le candidat, ou la tête de liste, et les hommes, plus combatifs, plus convaincus de leur droit au siège en jeu, assuraient une majorité à leur corporation.

Emmanuel Macron a prolongé cette évolution, dès le stade des investitures, au sein de son mouvement "En Marche", devenu "La République en marche". Il l'a parachevée par la composition de son premier gouvernement, paritaire, et, en même temps*, présumé compétent, par les choix opérés.

Cette obsession choque, bouscule nos habitudes, qui privilégiaient les ambitions et la vigueur de leur expression, où les hommes ont souvent un avantage, dès le démarrage du processus.

Une autre action positive doit être mise au crédit de ce président surgi d'un relatif anonymat, est la part faite à des hommes et des femmes issues de l'immigration. La gauche avait déjà une avance, la droite, plus qu'un retard. Un zéro.

Ce ne sont pas, pour autant, des "tirages au sort". Les hommes et les femmes choisis** sont des lauréats de la "méritocratie" républicaine. Dans l'ambiance qui précédait l'ère macronienne, ils ou elles n'avaient aucune chance d'être distingués.

Mais revenons aux femmes. Leur figure de proue, la Ministre chargée de veiller sur leur égalité s'appelle Marlène Schiappa. Sa fougue lui a d'abord fait exprimer une bêtise: un reproche fait aux médecins accoucheurs français, d'abuser des épisiotomies. Consistant à sectionner une peau risquant une déchirure incontrôlable au moment du passage de la tête du nouveau-né. Il n'en résulte qu'un inconfort, du à la suture, dans les jours qui suivent. Son souvenir est périssable. Les suites d'une déchirure indésirable, beaucoup moins.

Son champ de bataille est maintenant la parité des salaires, dont nous sommes toujours loin, dans le secteur privé, où le salaire se discute à l'embauche. Les femmes sont moins exigeantes. Satisfaction leur est donnée. Elles sont moins bien payées que les hommes, qui placent la barre plus haut. Et les patrons, qui discutent "le bout de gras", rencontrent moins de résistance.

J'ai acquis la conviction que le facteur "éducation", de nos filles, est le facteur principal de leur défaitisme face à l'employeur. Il appartient aux femmes de se convaincre de leur valeur professionnelle, et de résister davantage à l'employeur, de prendre parfois le risque de dire non, de l'inviter, avec culot, à réfléchir. Pas plus que les hommes, elles ne sont interchangeables.

Je souhaite à la Ministre un plein succès, mais un vrai amour-propre des intéressées fera toujours mieux et plus vite que l'action politique sans nuances.

Sceptique

*expression chère au Président.

**Je suis contraint de respecter la non-parité grammaticale.