L'expression de la peur n'a pas été bleue, mais jaune. Visqueuse et adhésive. L'histoire est d'une fraicheur garantie. On se la raconte en hochant la tête dans toutes les rédactions, d'Est en Ouest, du Nord, au Sud.

Mais si les humains se congratulent, le Syndicat des Poules est furax.

Ces dames, employées à pondre des oeufs pour les hommes, qui n'en sont pas capables, se grattaient jusqu'au sang, et mettaient en cause l'entretien de leurs pondoirs.

Le patron, convoqué, arriva avec ses vétérinaires. Qui, soulevant quelques plumes, dépistèrent les coupables. Des poux. Réservés par la Nature aux poules.Un produit efficace fut prescrit, et le travail put être repris. Par milliers et millions, les oeufs sortirent des chaines, furent rangés dans des emballages "ad hoc", et expédiés aux qutre coins de l'Europe.

Mais quelques jours plus tard, ce fut la cata! Il y avait, dans les oeufs contrôlés, des traces de fipronil. Un élément de l'insecticide employé pour vaincre l'épidémie qui poussait les poules à la grève.

Les gendarmes de l'Europe levèrent les bras au ciel. Le fipronil ne devait pas être utilisé pour les animaux pouvant être consommés, directement, ou indirectement (les oeufs).

Il ne s'agissait que de traces, c'est à dire, non dosables, et "a priori", incapables d'avoir un effet toxique sur des consommateurs éventuels. Mais le règlement est le règlement, il fallait détruire toute la production postérieure au traitement. Des millions d'oeufs, à l'échelle de notre modeste Europe, mais gourmande d'oeufs sous toutes les formes possibles. Les photographes de presse, les télévisions, en firent toutes les images possibles, pouvant témoigner de la catastrophe.

Le problème fait retour sur les ouvrières de la fabrication d'oeufs. Il leur est impossible de travailler en se grattant entre deux pontes. Et, quand on passe en revue les produits capables de les soulager, ils sont tous susceptibles d'être interdits aux poules pondeuses. Il faudra reprendre tous les travaux. Peut-être arrêter ce modèle de production des oeufs, revenir à la collecte manuelle dans les polaillers. Ils seront pas mal plus chers, mais tellement plus "naturels"

Il n'y a pas de doute, la nature était plus heureuse dans l'ignorance. La science la persécute!

Sceptique