Il y a d'un côté ceux qui haïssent ceux qui y sont, et aiment ceux qui voudraient bien y être, et le contraire, ceux qui aiment ceux qui y sont, et détestent ceux qui aimeraient bien y être, aussi.

Pas clair? Je nomme, je désigne...

À Brest, il ya des bretons qui s'aiment, mais qui détestent les non-bretons, en raison de la distance qu'ils ont du parcourir pour arriver en Bretagne. Les bronzés qui fuient le bronzeland et remercient Allah d'être encore en vie à l'arrivée, ont une place privilégiée dans leur collimateur.

À Barcelone, Catalogne catalognante (comme on dit Bretagne bretonnante), il y a des catalans qui haïssent, mais en raison inverse de la distance qui est nécessaire pour atteindre la cité-sanctuaire. De plus près on vient, plus on pollue la cité. L'euro est l'abomination des abominations. Le dollar n'a pas meilleure presse. Il vaut mieux y entrer les poches vides.

Le changement climatique, ses excès en tous genres, canicules, sécheresses, tempêtes, s'accompagne de son attribution à un coupable. Le voisin. Celui qui habite à côté, ou en face. Quelques chevaux de plus sous le capot de sa voiture, et son compte est bon. Mais un peu plus loin, ceux qui ont des tracteurs gourmands pour faire leurs travaux sont en attente de prendre des claques.ILS osent se plaindre de souffrir de la sécheresse et voudraient aménager des réserves d'eau, remplies en hiver, pompées en été.

Pas question, grondent déjà les zadistes, actuellement en vacances, mais libérables pour tous les fronts dès le mois prochain. Pas touche à NOTRE eau!

Il y a, bien sûr, des défenseurs de l'amour, de la charité chrétienne. Mais ils n'en font pas des vertus, librement adoptées, mais des obligations, qu'ils se font un devoir de défendre, contre les égoïstes qui ont peur pour leur pré carré.

Alors, ils arment des bateaux, qui tiennent la mer, et ils vont prendre livraison des migrants, que leur transfèrent, de bord à bord, les passeurs libyens, à quelques encablures de la côte. Ça évite les drames qui ont placé la conscience européenne au pied du mur. Ça repousse à la fin du monde celle de sa misère. On me dira:"qu'est-ce que ça change?" Rien, effectivement. Les transferts de populations, de la misère à la misère moindre, ne datent pas d'aujourd'hui, mais s'accélèrent. L'humanité n'y gagne pas grand chose en qualité...de coeur. Ce qui est gagné d'un côté par des hommes, est perdu de l'autre, par d'autres hommes.

Sceptique