En évoquant les opposants à sa réforme du Code du travail, le Président Emmanuel Macron a cité "les fainéants".

Le tollé était prévisible, et, bien sûr, il a eu lieu. Il est évident que sous le coup d'une émotion, d'une passion violente, Emmanuel Macron dérape facilement, et ses adversaires en profitent.

Est-ce à dire qu'il n'y a pas de "fainéants" parmi les partenaires sociaux et politiques? Tous ceux "qui ne veulent rien en savoir", qui ne veulent pas reconnaitre les effets pervers des encadrements juridiques de notre vie sociale ou économique, peuvent se voir reprocher cette  "passion de l'ignorance", ravageuse..

Bien sûr, les adversaires forcenés des réformes du droit du travail, de ses aspects caricaturaux, aux effets catastrophiques, savent bien qu'ils ont tort, pour ce qui est de la lutte contre le chômage, et contre sa cause, la langueur de notre économie marchande.

Mais ils veulent le pouvoir, et leur seul moyen de s'en rapprocher est le maintien de la crise économique et sociale, spécifique à la France. Ils ne peuvent être favorables à une solution qui les contourne, qui leur coupe l'herbe sous les pieds.

Quant au Président de la République, qui a postulé cette fonction pour changer les choses, pour sortir du marasme, il se met en colère, il "sort de ses gonds", se laisse aller à l'injure.

Quel est le plus important? La susceptibilité de ses rivaux, syndicats inclus? Ou le sort des millions de chômeurs?

La priorité de tous les politiques, de tous les dirigeants syndicaux, devrait être la situation économique et sociale réelle.

Les positions butées ne sont évidemment pas la conséquence d'une vraie paresse, mais celle d'un autre projet politique.

Le Président dispose de la légitimité. Mais cette forme  de légitimité ne repose que sur le respect de la démocratie, que son expression plaise, ou non.

C'est un dramaturge, Berthold Brecht, de gauche, mais lucide, qui a mis dans la bouche d'un de ses personnages:"Le peuple a mal voté. Qu'on démissionne le peuple!"("La résistible ascension d'Arturo Hui")

Ce constat a une valeur universelle.

Sceptique