Dans un article de la publication numérique Contrepoints, un médecin conteste les mises en cause de ce secret, à la suite du drame de l'avion de la German Wings, que son copilote, ayant disposé des commandes, a précipité contre une montagne, entrainant dans sa propre mort, 151 personnes, les passagers et les autres membres de l'équipage.

L'enquête a révélé que le jeune copilote était suivi pour des troubles bi-polaires, dont la clinique a évolué, dans le contexte de l'évolution de la culture occidentale, qui a remplacé la culpabilité ,véhiculée par le christianisme, par la rancune paranoïaque. Aux États-Unis, en Allemagne, des massacres suivis du suicide de l'auteur ont fait des dizaines de victimes.

Le co-pilote de la German Wings, soigné par des spécialistes extérieurs au service médical de la compagnie, n'a donc pas été reconnu inapte à sa profession, grâce à la protection du secret médical. Ce qui pose un problème de conscience. On ne peut être indifférent, se réfugier dans le fatalisme, quand on constate ces conséquences.

En fait, il n'est pas absolu, l'intérêt général pouvant prévaloir.  Les maladies contagieuses à déclaration obligatoire en constituent un exemple. La communication entre médecins, l'un attendant de l'autre un avis, confirmant, ou non, un diagnostic, comporte un partage du secret logique, conforme à l'intérêt du malade. Dans le cas du co-pilote, le psychiatre traitant était en droit de signifier à son patient son inaptitude à ce métier, de lui exposer sa position, et de faire part aux médecins de la Compagnie, du poids de ses doutes. À ces derniers d'entendre, ou non.

Le secret médical, implicite (Serment d'Hippocrate) a été renforcé dans un autre contexte, celui de l'occupation, et des soins clandestins aux blessés. Mais dans le contexte que je viens de rappeler, il me parait clair que le médecin doit notifier à son patient ses réserves, et informer son confrère, médecin du travail. 

Sceptique

 Note du 22 Septembre 2017 : Le bulletin de l'ordre National de l'Ordre des Médecins, aborde cette affaire dans son N° de Juillet-Août. Avec un embarras évident. Tout en précisant qu'une telle situation n'est pas prévue spécifiquement, et ne relève pas du devoir du secret, l'un des experts n'hésite pas à dire qu'il préférerait le risque d'un procès dans un cas similaire, et qu'il ferait le nécessaire pour que le malade dangereux soit "neutralisé". Mais la notion d'un danger, sans plus de précision, est évoquée par le texte ordinal. J'ajoute que dans un tel cas, je n'informerais pas le patient de ma démarche visant à lui interdire de piloter, car un passage à l'acte précipité resterait possible. Je mettrais le médecin de la compagnie dans la possibilité de l'interdire de vol.