À force de se convaincre, ou de rêver, qu'Emmanuel Macron a été faussement élu, que c'est LUI qui devrait être à l'Élysée, Jean-Luc Mélenchon a insinué que le Président "légitime" pourrait se voir déposé par la rue.

Mais il a sorti une bêtise, en donnant comme exemple que "la rue" avait vaincu les nazis. Quand, et où? 

Au contraire, le parti hitlérien s'est servi de la rue pour séduire et parvenir au pouvoir. Par ailleurs, la force de la rue n'est pas suffisante. Il faut, en face, la faiblesse de l'institution ou de l'homme qui détient le pouvoir.

Les événements de 1968, s'ils ont secoué le pouvoir gauliste, ne l'ont pas éliminé, mais finalement renforcé.

Il y a eu d'autres tentatives, d'autres espérances, sous la forme de grèves paralysantes, de manifestations monstres. Le pouvoir républicain a plié, mais ne s'est pas rompu. Les vagues d'assaut ont fait leurs comptes, se sont lassées.

Nous sommes une République. Elle appartient à tous, également. Pas à ceux qui crient le plus fort. Pas davantage à ceux qui obtiennent la majorité des voix. "Ils" reçoivent la mission de gouverner, mais dans les limites fixées par la constitution, et sous le contrôle du Parlement, de ses deux Chambres, l'Assemblée Nationale et le Sénat. Malgré l'importance de ses pouvoirs, son élection au suffrage universel, le Président de la République, ne les a pas tous, et aucun sans limites.

Il s'est fait élire sur un programme. Légitimé par son élection. Il n'appartient à personne de s'opposer à l'exercice du pouvoir, parce que son contenu lui déplait. Malheureusement, en France, l'opposition s'arroge le droit de faire obstacle, par tous les moyens, au gouvernement de la majorité. Les grèves et les manifestations, de plus en plus accompagnées de violences, sont organisées dans ce but. L'argument des organisateurs est que  l'émeute a réussi ailleurs, ou dans d'autres temps. L'émeute est légitimée au nom de l'histoire!

Pourquoi l'opposition veut-elle empêcher la mise en oeuvre du programme? Parce qu'elle sait qu'il est nécessaire. Mais elle ne veut pas que la démonstration confirme sa nécessité.

Depuis un "certain temps", notre République ne règle rien, n'avance pas. Ce sont ses jeunes qui paient les pots cassés. Une carrière en pointillés, au plus bas niveau, leur est promise. Du cours préparatoire au baccalauréat, ils sont trompés, escroqués. Après, qu'ils se débrouillent!

Quelques uns échappent à ce destin, car leurs parents les retirent du système, et leur assurent une instruction "normale", qui les rend aptes à des études supérieures et productives de compétences.

La médiocratie a ses charmes. Elle pratique l'art de la flatterie, de l'hypnose, aussi. Elle remporte, de cette façon, une Présidentielle sur deux. Celle qui suit est une réaction à l'échec . Au terme d'une campagne à rebondissements, Emmanuel Macron, candidat surprise, a été très bien élu. Son programme, ambitieux et courageux,se fixe un rétablissement économique, un assouplissement des lois du travail, permettant une réelle résorption du chômage.

Ça devrait plaire à tout le monde, mais non. Car les opposants à ce réveil veulent plus. UNE RÉVOLUTION! La fin de cette République faite pour être acceptée par tout le monde. Ils en veulent une autre, qui n'appartiendrait qu'à eux. Pour toujours. Leurs modèles, pourtant jetés à la poubelle, il y a plus de vingt ans, l'URSS et ses satellites. Ceux qui ont connu ce régime n'en veulent plus, à jamais, mais en France, il y a des croyants qui veulent essayer, car ils sont sûrs de réussir. En y mettant le prix. Payé par les "riches".

C'est ce que Jean-Luc Mélenchon cache soigneusement. Il ne peut pas s'empêcher d'admirer les tentatives plus ou moins réussies de l'Amérique du Sud. Ses émules ont les mêmes goûts!

Vous allez me dire:"communisme, nazisme, ce n'est pas la même chose!" Les contenus, non, effectivement. Les méthodes, par contre, se confondent vite, car il n'y a pas trente-six manières de faire taire les opposants.

Ne boudons pas nos lois, notre constitution, nos libertés. Mais acceptons les améliorations à la marge, puisque nous constatons des répétitions d'échecs, sur nos points faibles, essentiellement économiques. Car l'économie n'est pas la politique, elle est moins tolérante aux contraintes, à l'asphyxie, aux purgatifs, aux saignées.

Sceptique