Le meurtre au couteau, par égorgement, de deux jeunes femmes à Marseille, sur le parvis de la Gare Saint-Charles, a fortement choqué les témoins, et ému tous les français, jusqu'aux gauchistes, portés à considérer que "l'injustice sociale" était bien plus importante que le terrorisme.

Le tueur, un multi-délinquant, cependant inconnu des services de renseignement anti-terroriste, a été abattu par des militaires de la force Sentinelle, se trouvant à proximité.

Le retentissement politique de ces crimes a été particulièrement important, en raison du débat en cours, portant sur le renouvellement systématique de l'état d'urgence, ou son remplacement par une loi spécifique,  reprenant les dispositions essentielles de l'état d'urgence, mais renforçant les droits de la défense. 

Le clivage résultant de ce débat est profond. C'est à l'initiative du Ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, soutien déterminé et immédiat du Président Emmanuel Macron, qu'est étudié ce projet de loi anti-terroriste spécifique et d'application permanente aux faits qualifiés de terroristes. 

Ce projet divise, car il suppose la désignation d'un juge pour toute procédure, afin de garantir les droits des personnes suspectées. Alors que les dispositions de l'État d'Urgence, voté par tous les parlementaires à la demande du Président de la République, libèrent tous les moyens d'enquête, sans réserves.

La droite française défend une préférence pour l'usage renouvelable de l'État d'Urgence, alors que la gauche, même ralliée au Président, défend la nécessité de garanties pour les mis en cause. La participation d'un juge, contrôlant la procédure, susceptible de la ralentir, est considérée comme un recul sensible du pouvoir face au terrorisme, comme un désarmement.

Pour la gauche, les droits de la personne soupçonnée, ou plus, sont "sacrés". Malgré la gravité des faits, comme ceux de Marseille, ses députés soutiennent ce changement de pied. Le soupçon, ou l'accusation étayée de laxisme, colle à la gauche, non sans arguments.

Les crimes terroristes de Marseille, immédiatement punis, et vengés, ont réhabilité d'un coup l'Opération Sentinelle*. Leur retentissement n'en restera sans doute pas là.

Sceptique

* Ce dispositif préventif fait participer l'Armée à la défense antiterroriste, sous forme de patrouilles de soldats en uniforme et en armes dans les rues de Paris et des grandes villes. Comme ces patrouilles ont subi quelques attaques, vaines et tournant mal pour les agresseurs, "on" a considéré qu'elles étaient vulnérables et inefficaces. On ne sait pas à quel niveau serait la menace en leur absence. Les responsables civils et militaires l'ont soutenu et maintenu. S'il n'a pas empêché le crime d'hier, sa sanction immédiate lui est due.