Les Républicains, le parti UMP rebaptisé ainsi par Nicolas Sarkozy, à son retour d'exil volontaire, s'apprêtent à accomplir un dernier geste, concluant leur mise à l'écart d'un pouvoir qui, logiquement, leur était promis, au terme de cinq ans de socialisme...mou.

Les militants et les sympathisants avaient sélectionné, au terme des primaires, l'ancien Premier Ministre du Président Nicolas Sarkozy, de 2007 à 2012, François Fillon.

Qui n'était pas favori, au départ de la course, mais que trois prestations réussies lors de trois "shows" télévisés, ont propulsé au sommet des sondages, puis, de la primaire à deux tours. Solution "miracle" pour sélectionner un candidat  parmi les trop nombreux postulants(7 selon ma mémoire, saturée, ou usée).

François Fillon était le candidat indiscuté des Républicains, quand, un sinistre matin, il fut frappé par une première torpille décochée par le Canard Enchainé, suivie d'une seconde par le PNF (Parquet National Financier), dont les membres avaient lu le Canard à leur petit déjeuner. Dès leur bouche essuyée ils s'étaient jetés sur leur téléphone, et avaient appelé leur journaliste préféré. 

Chez les Républicains, une majorité a supplié François Fillon de se retirer. Se considérant comme innocent de toute faute sérieuse, il a refusé, envers et contre ses amis et néanmoins rivaux, de renoncer, de laisser les dirigeants du parti élaborer un "plan B". Malgré une difficile, et insuffisante remontée, il n'a pu reprendre la place décisive au premier tour. Emmanuel Macron, le candidat surprise, le devançait. Il était évident, déjà à ce moment, qu'on ne pouvait compter que sur lui pour contrer Marine Le Pen.

Favori, puis élu, le Président Macron paraissait réellement handicapé. La représentation parlementaire qui le soutenait était quasi nulle, on ignorait avec qui il formerait son gouvernement. Quand celui-ci fut formé, on s'aperçut qu'il comprenait trois personnalités des Républicains, Édouard Philippe, Premier Ministre, Bruno Le Maire, à l'économie, Gerald Darmanin, aux dépenses publiques. "Il" était allé à la pêche, et avait fait ces trois prises.

Édouard Philippe, Député-Maire du Havre était le moins connu. Bruno Le Maire avait été candidat à la Primaire de la Droite et du Centre, Gerald Darmanin avait été à plusieurs reprises un organisateur de campagnes, pour Sarkozy, pour Xavier Bertrand, à la Présidence de la grande Région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, devenue "Hauts de France".

Bien qu'il aient appelé les militants et sympathisants à voter pour Emmanuel Macron au deuxième tour, les cadres, les personnalités des Républicains, encaissent mal les ralliements "en vue", au profit du Président qui leur a soufflé la place. C'est humain. Ils envisagent donc de prononcer l'exclusion des trois ministres*, déjà très en vue, et des parlementaires qui ont formé le bloc des "constructifs", c'est à dire décidés à soutenir le gouvernement, dès lors que ses décisions ne sont pas incompatibles avec les principes fondamentaux des Républicains.

Est-ce nécessaire? Est-ce bien raisonnable? De rompre les liens avec des valeurs sûres de ce parti, qui l'ont bien servi en temps utile. Les actions du Président ne sont pas éloignées de celles que programmait François Fillon. L'essentiel des philosophies est commun ou très proche. La vie politique française est nécessairement en cours de recomposition. Pour cinq ans, au minimum, c'est le Président Macron et son parti LREM qui vont élaborer des projets politiques. Qui ne pourront être insupportables, intolérables, pour les représentants des partis qui ont vécu le quinquennat précédent. Celui qui commence n'est pas le prolongement du précédent. Il ne devrait pas avoir les mêmes défauts.

Les Républicains ne gagneront rien dans l'affaire, ni un adhérent, ni un sympathisant de plus. S'ils réalisent qu'ils ont eu tort, ils ne retrouveront pas toutes les confiances perdues**.

Sceptique

*Edouard Philippe;le Premier Ministre, Bruno Le Maire, Gerald Darmanin.

**Ce parti a un défaut fondamental, l'absence de prise en compte de ce qui remonte, difficilement, de sa piétaille, de ses trouffions. La nostalgie de son origine "militaire", de sa vocation d'armée gaulliste, est tenace. Ce point faible est à l'oeuvre à l'occasion de chaque crise.