Depuis la première guerre mondiales et ses destructions, limitées aux champs de bataille du nord et de l'est, et la seconde, encore pire, où peu de lieux échappèrent aux combats ou aux bombardements, la France n'a pas trouvé la recette pour effacer les cicatrices, et loger ceux qui ne pourraient pas le faire sans son initiative.

Dès la première guerre mondiale, la France a fait "du social" en suspendant le paiement des loyers par les occupants, avec la bonne raison que le chef de famille pouvait être au front. Dès la paix revenue, elle a indemnisé les propriétaires des maisons détruites. À ma connaissance, il n'y avait plus de crise du logement à la veille de la suivante.

Qui se caractérisa, pour la France, par une première phase qu'on peut dire brève, et sans trop de destructions. Mais aussi, par un exode massif des populations affectées par l'invasion allemande, vers le sud. Une partie y resta pendant toute la guerre, une autre, plus importante, reprit le chemin vers la zone occupée et ses logements abandonnés.

Deux à trois ans plus tard, les préparatifs d'une reconquête de l"Europe occupée comportèrent des bombardements aériens de plus en plus fréquents, visant les infrastructures utiles à l'occupant allemand, mais assez imprécis pour faire des dégâts collatéraux. Leur bilan, lourd, ne put être établi qu'à la fin des combats sur le sol français, en 1944. Mais les moyens, humains, et financiers, d'une reconstruction, ne furent disponibles qu'après la paix, et la stabilisation politique et administrative. 

En attendant, l'État géra l'existant, réquisitionnant les logements intacts pour y placer des familles dépourvues, et bloquant le montant des loyers. Politique que la paresse et les préjugés firent durer au delà du raisonnable. Découragés, les propriétaires attendirent la disposition de leurs biens pour les remettre en état. Un "certain temps" de l'ordre de quelques années.

Il fallut que les pouvoirs publics se fassent entrepreneurs et prennent en mains la reconstruction, sous forme de HLM vite faits...mal faits. Par ses législations hostiles aux propriétaires, l'État contribua à la pénurie durable.

Il reste de cette époque des traces profondes dans les esprits, dans les deux parties, l'État, sous ses diverses formes, et les investisseurs, qui ne sont plus "individuels" que pour se loger eux-mêmes, en maison individuelle ou en copropriété, ou collectifs, les sociétés d'HLM, assurant le logement social, accessible par le montant des loyers, mais attribué par les représentants de l'État, au niveau communal ou départemental.

L'autre partie, assurée par les particuliers satisfaisant eux-mêmes leur besoin de logement, ou par des investisseurs, construisant et vendant des appartements, ou des pavillons groupés en lotissement.

Ce secteur reste sous le contrôle de l'administration communale, mais parfois aussi celui des niveaux plus élevés. Il n'y a pas de vraie liberté. Elle reste dosée, controlée, par plusieurs échelons. Le freinage qui en résulte, qui dispose d'arguments, se traduit en amont par la politique du logement en cours. Il en existe toujours une, léguée par le gouvernement précédent, et une en préparation, qui aura la marque du nouveau pouvoir,  issu des urnes présidentielles, puis, législatives. Une liberté de l'initiative n'est pas encore pensable. Il est vrai qu'elle n'aurait pas les mêmes objectifs, les mêmes motivations, que les politiques.

Je traite de ce sujet difficile ce matin, car la situation n'étant jamais satisfaisante, le nouveau Président, et son gouvernement, se sont sentis obligés d'élaborer leur propre politique du logement. Selon le journal L'Opinion, d'inspiration libérale, "ça n'est pas triste!". Autrement dit, dirigiste et onéreux.

Sceptique