Qu'on ne croie pas, un instant, que j'attaque ce système, qui met les retraités à l'abri de l'érosion monétaire, moins problématique de nos jours, mais pas exclue dans l'avenir.

Ce système, généralisé, en France, dès après la seconde guerre mondiale, fait que l'argent des cotisations des actifs, sert à payer les pensions "liquidées". C'est beaucoup plus sûr que la rente servie sur les sommes épargnées en capitalisation, atteintes par l'inflation.

Le tapis roulant de la répartition corrige, au fur et à mesure de sa marche, pendant la période de cotisation, les droits acquis, grâce à la réévaluation des salaires. Il y a une perte du fait de l'inflation, mais elle n'est plus "confisquatoire". La prévisibilité de la perte de valeur de l'argent cotisé, permet de s'en protéger à l'avance, en le faisant travailler. Les caisses de retraites placent leurs "provisions" dans l'activité économique, sous réserve d'une prudence imposée par l'État, garant de la solvabilité des caisses. Nous sommes épargnés des faillites de caisses de retraite, ou de conduites frauduleuses de leurs gestionnaires.

La grande majorité des cotisants (en activité), et des allocataires (retraités), ne veut rien savoir de ce système simple, paraissant compliqué. J'ai cotisé tant, je dois recevoir tant. L'argent de mes cotisations, c'est mon argent!

Ce qui explique les protestations contre les cotisations, en hausse, et les pensions, stagnantes. Que se passerait-il si leur paiement s'interrompait? Des émeutes!

Les médias, sous la conduite du Canard enchainé, exposent ces jours-ci les embarras d'une députée, d'un parti de gauche, poursuivie pour le non-paiement de ses cotisations de retraite (à la caisse autonome des avocats) et d'appartenance au "barreau", organisation professionnelle des avocats. 

Elle bénéficie d'un échelonnement de ses dettes, mais cette situation inhabituelle dans sa profession fait jaser. "On" pense plus à une mauvaise gestion de ses finances privées, qu'à une gêne liée à sa profession.

Ces négligences sont, en fait, plus fréquentes dans les professions libérales que dans les autres, où c'est le patron (ah, le s...d) qui se charge de la douloureuse. La crampe de l'écrivain sévit chez ceux qui écrivent trop, de quelque manière que ce soit.

D'aucuns se demanderont pourquoi on tracasse ces pauvres infirmes. S'ils ne payent pas, pas de retraite, point barre!

C'est ce qu'il peut leur arriver si ça persiste, mais l'argent qu'ils n'auront pas versé, aura manqué au paiement des pensions des retraités. Un déficit, compensé par une avance prise sur les réserves, sera comptabilisé.

Théoriquement, ce système par répartition est parfait. Mais trop, pour ceux que tout cet argent intéresse. Ils sont nombreux, surtout aux étages élevés de notre société. 

Étonnant, non?

Sceptique