Les hommes* de tous les pays ont le droit d'être informés, à commencer sur ce qui se passe chez eux. Les journalistes ont le droit de faire leur métier, et d'informer leurs lecteurs ou leurs spectateurs, avec honnêteté.

Mais tous les États ont des secrets, temporaires ou durables, que leur révélation prématurée affaiblirait, dans un monde toujours hostile (quelque part) et dangereux (de même).

Il y a donc entre les journalistes et les États un conflit potentiel et permanent.

Il y a une échelle des moyens de défense des États, contre les révélations de leurs secrets, par leurs propres journalistes, ou des journalistes étrangers. Les deux catégories de journalistes disposent d'"honorables correspondants" dans les diverses administrations. L'État qui les emploie a beau inscrire au contrat une obligation de réserve, il y a assez de fuites, de motivations diverses, pour abreuver les médias d'informations brûlantes.

En France, c'est sûr, les journalistes, tous, français ou étrangers, ont le droit de protéger leurs sources. La Justice française ne peut mener des enquêtes sur l'origine précise des fuites**. "Heureux comme journaliste en France!"

Il n'en est pas de même partout, loin de là! Cette liberté de l'information reste confinée dans les limites du monde "libre", composé en totalité de démocraties authentiques, et "états de droit". Qu'ils en souffrent, qu'ils s'en sentent affaiblis, vulnérables, est une autre histoire. Le Droit ne se portera pas à leur secours!

Le reste du monde présente des situations très différentes, plutôt moins favorables aux journalistes.

"Reporters sans Frontières" est une ONG vouée à la défense des journalistes opérant dans des États qui préfèrent se défendre des indiscrétions, qui font le pain quotidien des médias et de leurs professionnels. Encore nombreux sont les pays qui embastillent les journalistes, nationaux ou étrangers, pour colmater les fuites de secrets et de vérités pas bonnes à dire.

Elle prend aujourd'hui fait et cause pour un journaliste algérien, inculpé de trahison, et passible de la prison à vie. Parmi les faits reprochés, la livraison de documents confidentiels à des diplomates étrangers.

Si ces faits sont vrais, indiscutables, ils sont effectivement inacceptables. Ils témoignent, au moins, d'une faiblesse, d'une déraison de ce professionnel. On rencontre là une limite aux droits des journalistes. Ils ont des droits, pas tous les droits.

Il reste que dans le monde, il y a un trop grand nombre d'états qui entravent par tous les moyens les activités des journalistes, et en font des martyrs et des héros. Ce n'est pas ce qu'ils cherchaient.

Sceptique

*les femmes, aussi, bien sûr! Il est trop tard pour me mettre à l'écriture inclusive!

**En ce qui concerne les services de l'État sensibles, dans lesquels les divers médias disposent d'honorables correspondants, qui leur livrent gracieusement, par concordance d'opinion, tout ce qu'ils désirent, je ne vois qu'une solution à ces fuites renouvelées: la mutation systématique de l'ensemble du service, concerné, sans enquête préalable, qui serait limitée. Les fonctionnaires nommés dans ces services seraient dûment prévenus de cette éventualité.