Depuis quelques semaines, la peste, celle qui a éliminé un tiers de la population de l'Europe au quinzième siècle, est de retour. À Tananarive, la capitale de Madagascar, où elle a fait en toute discrétion, quelques dizaines de morts. Le service de santé local serait comme impuissant. La mort d'un résident français a fait, enfin, du bruit. Les médias vont s'y intéresser, contraignant peut-être nos politiques à dire ce qu'ils en pensent.

Jusqu'ici, ceux qui sont supposés s'occuper de ces questions, ont gardé leurs conclusions pour eux.

Pour mémoire, la peste est une maladie bactérienne, affectant les rats, et transmise aux humains par leurs puces. Il lui faut des rats pour s'exprimer, et faire parler d'elle.

Pour le moment, je ne parlerais pas de silence (la presse en parle, pas la radio, ni la télévision, il me semble.).

Ça va sûrement changer, mais pour aboutir à quoi?

Qui dit "peste", pense "pesticides". Or, de nos jours, devant le silence des microbes, les hommes bien pensants sont contre les pesticides. Les pestes ont le DROIT de vivre, comme les non-pestes, et la raison du plus fort est toujours la meilleure. 

Le silence devrait céder la place aux discours, et aux décisions sanitaires, à l'échelle du monde. La place prééminente de l'O.M.S. est normale, mais elle est insuffisante, et les réserves sont à mobiliser. Pour traiter les malades, seuls les antibiotiques sont utiles, mais pas toujours suffisants, face à la gravité de l'atteinte. La consultation des informations disponibles confirme que les foyers qui éclosent sont liés à la pauvreté, à l'hygiène, et à l'abandon par les pouvoirs publics, indifférents ou dépassés.

Cette mésaventure qui frappe l'humanité, dans sa partie la plus pauvre, la plus abandonnée, devrait faire réfléchir ceux qui exaltent le passé, critiquent le présent, et enjolivent un futur débarrassé des pernicieuses inventions des deux derniers siècles.

Mais, déjà, j'en doute fort. Cent et quelques morts, c'est une broutille.

Sceptique