J'oppose l'agriculture "libre", qui cherche à produire en quantité et en qualité, pouvant satisfaire les deux parties, producteurs et consommateurs, et la contractuelle, la "bio", qui s'impose un "cahier des charges", autorisant l'utilisation de la dénomination "BIO", à condition de respecter les restrictions en termes de semences, d'engrais, de méthodes d'entretien, d'usage de produits phyto-sanitaires.

Ces restrictions ont un effet négatif  sur le rendement et le prix de revient. Mais elles répondent à une demande, qui,  en majorité, passe sur les conséquences sur le prix. Les consommateurs de "bio" acceptent les prix élevés de ce mode de production.

Malgré les rumeurs et parfois un scandale, la culture "bio" mérite une confiance "a priori" de ses consommateurs fervents. Sa supériorité alimentaire et sanitaire n'est, par contre, pas démontrée. Il faut "croire". 

Il reste de la place pour les productions "normales", accessibles à toutes les bourses, et présentées dans les grandes surfaces. Leurs effets pathologiques et létaux précoces présumés n'ont pas de traduction statistique manifeste et démontrable.

Parmi les "pesticides" accusés de tous les maux, se trouve l'herbicide Round'up, invention de la firme américaine Monsanto, tombée dans le domaine public sous son nom générique de glyphosate.

Il rend tellement de services aux agriculteurs, que son interdiction, sous la pression d'une partie notable des non-agriculteurs, pourrait déclencher une jacquerie motorisée qui ferait mal à tout le monde. Une répression n'arrangerait pas durablement le conflit. Il n'y a que deux réponses possibles, oui, et non. Comme l'avouent les responsables politiques, il n'y a pas de produit pouvant remplacer le glyphosate. Son interdicton renverra tout le monde vers le désherbage mécanique, à la serfouette, ou a son équivalent tractable. C'est cette perspective qui pousse les politiques à proposer quatre ans de sursis. Le prochain pigeon sera en vue! 

"On" a calculé "grosso modo" les effets économiques, pour les agriculteurs, de l'interdiction. Une production déduite de 30%, des prix en hausse sensible, des tensions sociales possibles. 

Ces tensions sociales sont présumées, pour le moment, neutres envers la source du problème, la régression technologique imposée à l'agriculture. On peut, effectivement, faire le pari que personne ne fera le rapport entre la hausse des prix de l'alimentation et l'interdiction de l'herbicide. Mais un autre point faible, celui de la cohésion des distributeurs, devra être surveillée. 

En attendant, le répit de quatre ans sera toujours bon à prendre.

Sceptique