L'assassinat d'une "jogueuse" en France, la Nième, me semble balayer la glose actuelle sur les conduites libidineuses des hommes envers leurs collègues ou leurs subordonnées. 

Oui, le fond de l'affaire est malheureusement un fait de nature, pas glorieux, que nos efforts éducatifs et les sanctions pénales après coup ne contiennent pas. 

Sur le "créneau" criminel, l'homme, le macho, ne s'améliore pas, et les années de prison encourues ne font que mettre à l'abri les victimes potentielles. Les libérations sont trop souvent interrompues par des récidives. Seule la vieillesse vient à bout du problème individuel.

À l'extérieur de la prison, l'apparition de nouveaux cas se fait par "bouffées", ou, séries, possiblement induites par la médiatisation, "normale", de ces faits.

Ce qui est mis en avant, avec raison, c'est l'abus de pouvoir, de fait, des hommes sur les femmes, sous la forme d'une sanction de leurs charmes, naturels ou culturels. Notre culture libérale a établi un droit de plaire, et les femmes en usent. Mais les hommes en abusent. Comment leur dire qu'ils ont le droit de regarder, mais pas celui de toucher?

Je pense au terme qui a fait fortune pour ses deux supports: craquante pour les femmes, craquer, rompre les limites, pour les hommes. Être craquante, mais ne pas craquer, tel est le dilemme partagé par les deux sexes.Chaque sexe, pour son compte, est faible, à sa manière.

La société, qui les rassemble, a longtemps opté pour la surprotection du féminin, sous la forme d'un confinement à la maison, les sorties sous protection, les vêtements neutralisants. Mais la seule protection désigne les protégées, en l'occurrence, comme fondamentalement et définitivement, faibles. Donc, inégales, inférieures.

Ce contre quoi les sociétés modernes protestent, avec raison. Leur conclusion est qu'il appartient aux hommes de se dominer, de réprimer leurs instincts. Le succès atteint les 90%, mais les dix pour cent restants entretiennent l'insécurité des femmes, sous tous ses aspects. Comment mettre fin à ce point faible?

La solution la plus sûre n'est pas la répression des conduites masculines, dont une bonne partie échappera à la vigilance de la société. C'est vers les femmes que la société doit porter lucidement ses efforts. Elles sont faibles? Il faut leur permettre d'être plus fortes, ajouter à leur éducation une préparation à leurs risques spécifiques. Elles doivent apprendre à se méfier, ne pas méconnaitre le danger, et à se défendre, par la formation aux sports de combat, une préparation psychologique ciblée. Il faut qu'elles sachent se défendre, mais aussi qu'elles intègrent cette capacité et ce droit. Pour elles, aussi, la force des puissants est faite de leur faiblesse.

 L'autre problème brandi par les défenseurs des femmes, est l'inégalité salariale. Elle repose sur les mêmes bases, l'auto-évaluation de sa valeur, et des droits qui en résultent. Demander la reconnaissance de sa valeur, refuser sa sous-évaluation, oser dire non à une proposition inacceptable.

Les femmes ont des vertus spécifiques qui n'ont pas cours dans la vie sociale. La générosité de la maternité ne peut y être transposée telle quelle. Une bonne mère a vocation d'être une bonne poire..en famille.  Dans les métiers où cette formation n'a pas de place, il lui appartient de se contrôler, de rendre à l'enfant ce qui est à l'enfant, au patron ce qui est au patron.

Sceptique

 Post scriptum: L'émotion, qu'on peut dire, générale, a avalé au passage Roman Polanski, cinéaste volontiers lubrique et au passé marqué par la révolution sexuelle des années 1960. La qualité de ses films serait annulée par sa morale non mise à jour, dans son dernier film, présenté en ouverture de la Rétrospective que la Cinémathèque a ouverte ces jours-ci.

Comme je l'ai rappelé à diverses reprises, les moeurs des peuples occidentaux ont perdu leur stabilité (apparente) dans les années d'après guerre, avec des oscillations entre puritanisme et dévergondage beaucoup plus rapides qu'auparavant. Nous faisons actuellement un mouvement vers un puritanisme (peut être synchrone avec le terrorisme islamique). Les batifolages, non prescrits,  de Roman Polanski, font forcément désordre.

Le ridicule de ceux qui grimpent aux rideaux, dont des jeunes, ne peuvent imaginer le prochain mouvement, inverse, que la bouffée puritaine actuelle, et son ennui,  finiront par produire.