Le titre de mon billet amalgame un problème très en vogue, avec un crime "sexuel"* caractérisé, conclusion rare, mais de fréquence stable, de la passion des hommes.

Un fait de nature concernant toutes les espèces à reproduction sexuée, nécessitant un "acte sexuel", implique, aussi, la nôtre.

Fait de nature, encore, le sexe mâle prend l'initiative, mais fait de nature aussi, la femelle envoie des signaux olfactifs, auditifs et visuels, pour faire état de son accord.

Notre espèce présente des handicaps sensoriels, du fait de sa station debout, mais les compense par sa capacité à parler, à mettre en mots ses intérêts. De ce fait, le remplacement des mots par des actes révèle une inaptitude partielle ou importante à l'usage du langage. L'animalité remplace l'humanité. Et l'impuissance, le plus souvent psychique, cherche une solution de rechange. Violente comme l'est l'acte naturel**, mais d'une intensité intolérable. Le mâle honteux se venge.

Dans la nature, la période du rut prend un aspect de compétition entre les mâles, rameutés par les signaux émis, indéterminés. Il y a des combats éliminatoires, et c'est le mâle dominant qui fécondera la femelle demanderesse.

Notre espèce s'est dotée d'un ordre social, reposant sur plus de critères que la seule force. Chacun a sa place dans cet ordre social, et n'est pas supposé y déroger. La sexualité humaine est contrôlée, policée. Les individus sont présumés se conformer à ces règles, mais leur légitimité est contestée, et, dès lors transgressée. Le plus souvent, sans l'accord de l'autre. Que les lois et leur application protègent. Ces ordres sociétaux sont multiples, mais consacrent tous une partie ciblant l'activité sexuelle, à l'échelle individuelle, et collective. La famille est une dimension semblant universelle, donc, "fait de nature". Elle intervient dans les choix de partenaires, avec une autorité qui prévaut sur les inclinations individuelles. L'évolution des sociétés humaines semble irrésistiblement rééquilibrer ce contrôle à l'avantage des individus.

Des phénomènes permanents exercent une pression dérangeante sur cet ordre social bien nommé. La réapparition périodique du libertinage, contestant l'ordre et la discipline sociétaux, sous la forme d'infidélités, touchant les deux sexes. Une variante particulière fait parler d'elle, depuis peu, l'abus de pouvoir spécifique de professionnels du cinéma, en position d'être sollicités par des candidates à cette profession, et de monnayer en nature leur pouvoir. Ces jolies jeunes personnes "payent", pour "passer", sans état d'âme, ou en souffrant durablement*. L'ouverture explosive de cette boite de Pandore "s'est "entendue jusqu'à Pampérigousse!***

L'autre est l'existence d'exclus, de fait, de cet ordre, soit qu'ils, ou elles, n'aient pas les moyens, matériels ou mentaux, de faire valoir leur personne et ses désirs, soit, comme phénomène exceptionnel, mais de poids et de durée, d'être dans cette société, mais sans en faire partie, séparés par la langue et le statut social. Je vise, évidemment, les nombreux réfugiés ou immigrés économiques, dont les désirs "mis sous le boisseau", se réveillent avec l'accès à la sécurité, au contact d'une société libre et pacifique....en apparence. Entre quelques faits réels et des tonnes de fantasmes, la société concernée, la nôtre, s'agite.

Notre société moderne s'interroge constamment sur ce qu'elle est, sur ses règles et leurs conséquences. Dès qu'une majorité s'en lasse, la pression augmente dans le sens contraire. Vers le libertinage en période de pruderie et d'austérité, et inversement, quand l'ennui nait de la continence. La fréquence de ces basculements augmente avec le temps, toujours pour la même raison, les inconvénients de la situation en cours.

On sent, actuellement, une forte pression dans le sens de l'austérité. Les convictions des prudes des deux sexes, quant au caractère définitif de ce mouvement vers la pureté, font sourire. La mise au pilori de survivants des périodes libertines, nettement moins. Il n'est pas imaginable que nos sociétés libres, de penser, de critiquer, de virer de bord, s'arrêtent de changer, acceptent de s'ennuyer durablement.

Pour autant, la sortie par le crime ou le simple abus de faiblesse n'est pas tolérable. Le consentement mutuel est la base de tout ordre social concernant les individus. Aucun sexe n'est qu'objet. Les deux sont "sujets", et tout abus de pouvoir, ou de la simple force, doit aboutir à l'exclusion de l'abuseur, sans excuses. Ils seront oubliés, mais ils auront des successeurs.

Quant au meurtre de la jogueuse****, il est le fait d'un impuissant. Il a tué une femme qu'il n'aurait jamais pu posséder. Le hasard constitue une protection. Efficace, hélas, trop souvent.

Aucune société ne peut promettre un risque zéro. Moins encore les autoritaires, accaparées par les sujets libres, que les "normales".

Sceptique

*En rapport de causalité avec l'activité sexuelle.

**L'accouplement est le plus souvent bref et violent.Ses acteurs sont vulnérables, la rapidité est une protection.

***"La mule du Pape" , d'Alphonse Daudet.

****Sur la base des informations livrées par la Justice.