Je ferai grâce à mes lecteurs de lhistoire de l'alphabet Morse (du nom de son inventeur), qui a permis l'utilisation de l'ancêtre du télégraphe en représentant les lettres par des combinaisons de signaux courts (des points) et longs, des traits. Les lettres étaient formés par une combinaison de signes longs ou courts.

S.O.S est représenté par trois points S, O, par trois traits. S.O.S., signifiant un appel au secours. Pendant plusieurs décennies, ce mode de communication par le télégraphe fut très utilisé. Les opérateurs exercés traduisaient dans cet alphabet les informations diverses.Les messages simples, sans nuances, impératifs, y gagnaient en vitesse de compréhension.

Mais les progrès ne s'arrêtèrent pas là, et le morse est oublié depuis longtemps au sein des forces militaires. Ça ne doit plus amuser que les boy-scouts.

S.O.S est resté, a gardé son sens d'alerte, d'un danger de dimension conséquentes. Comme symbole, il attire l'attention sur une situation dangereuse, au moins pour quelques uns.

Ainsi La situation au moyen orient, l'exacerbation des postures religieuses, qui ont pris l'ampleur d'une guerre féroce, comme le sont les guerres de religions.La minorité chrétienne qui a survécu aux conquêtes de l'islam, a été la première cible des persécutions et des massacres ethniques. La cohabitation des religions, surveillée et garantie par des pouvoirs politiques forts et pragmatiques, s'est disloquée en même temps de ces pouvoirs. Affaiblis par les occidentaux, interventionistes pour des raisons diverses, politiques ou économiques (le pétrole).Les vieilles rancunes, les vieux mépris, les jeunes concurrences, ont réactivé les haines logiques qui dorment au sein des religions.

J'en arrive aux faits, à la situation des minorités chrétiennes du moyen orient, sur lesquelles s'abattent les vengeances de musulmans, furieux des soutiens et des protections dont bénéficient ces minorités, de la part des occidentaux. 

Les premières volèrent au secours des minorités menacées, et leur apportèrent un soutien moral et spirituel, une solidarité chrétienne, exercée au niveau des clergés.

Une seconde se présenta comme plutôt politique, désignant l'ennemi, l'autre religion, sa menace de continuer la persécution, y compris au sein du refuge commun. C'est elle qui se dote du bouclier défensif, S.O.S., affichant une méfiance, prêtant une attention particulière à l'aspect identitaire de la religion.

Il en résulte que les deux efforts pour porter secours aux chrétiens d'orient, sont tentés  de se positionner.

La première par l'ancienneté travaille la spiritualité, passerelle possible vers la réconciliation, tandis que la seconde dramatise l'hostilité, et veille sur la volonté identitaire, pro-occidentale, et porteuse d'un avenir d'intégration.

Il en résulte des crispations sur les dons, dont les utilisations sont opposées. La spiritualité offre des messes et des séances de prières, les soucieux de l'avenir des générations abîmées par la guerre, cherche à les scolariser.

Le fossé entre ces deux options ne semblait pas devoir nuire aux actions au profit des victimes. Mais il "interpelle" les défenseurs des minorités religieuses. Pourquoi choisir? Il le faut bien, puisque les dons ne sont pas illimités. 

Sceptique