Ce n'est pas une mince affaire! Car l'importance sociale et politique de notre agriculture s'est réduite comme peau de chagrin, à partir des années d'après-guerre (39-45), avec l"arrivée de la mécanisation des principales productions agricoles. Le monde agricole s'est réduit aux exploitants et à leurs familles. Selon les territoires, leur productivité, ou la nature des principales productions, les exploitants ont gagné en puissance, ou, au contraire, en ont perdu, jusqu'à pas loin de zéro.

Or, c'est un trait bien enraciné, les français ont beaucoup de mal à s'unir, à unir leurs intérêts, à élargir leur contrôle d'une production. Le chacun pour soi, le "small is beautiful", sont plus que des traits de caractère archaïques, ce sont des valeurs !

Alors qu'autrefois, la ruralité était considérée comme notre racine commune, elle est maintenant marginalisée. De premier des métiers, l'agriculture est devenue le dernier. "Elle" se renouvelle, d'ailleurs, "en interne". Ce sont les enfants d'agriculteurs qui garnissent l'enseignement spécialisé, et la protection contre la spéculation des terres agricoles est, aussi, un verrou fermé de l'intérieur.

Quant aux revenus, ils fluctuent plus souvent à la baisse qu'à la hausse.

Depuis quelques années, un nouveau groupe de pression s'occupe de la rééducation du monde agricole, l'écologie. Qui, à partir d'un critère unique, le naturel, définit le bon et le mauvais. Autrement dit, la nature a toujours raison, et son caractère irascible est un fait respectable. Il faut négocier avec "elle", lui abandonner une part de la récolte, plutôt que lui faire la guerre. Il vaut mieux produire moins, sans intrants, sans phyto-sanitaires. Des citadins, dûment prévenus, sont prêts à payer plus cher des produits "bio".

 

Pendant des siècles, les paysans ont été contraints d'accepter la cohabitation avec leurs futures récoltes de "mauvaises herbes", regroupant les simples intrus et les porteuses de substances toxiques, pouvant contaminer la farine et le pain. Le destruction de ces intrus ne pouvait qu'être manuelle, avant la récolte. Tout était "manuel", et le travail qui avait droit à cette appellation était global, forfaitaire. Le paysan devait livrer un produit "normal", sans défauts, sans impuretés.

Il en est de même aujourd'hui, mais, faute de main d'oeuvre bon marché, il faut recourir à des produits "phyto-sanitaires", préventifs, ou curatifs. L'un d'eux a eu un succès certain, le glyphosate, ou "Round'up", de Monsanto. Aspergé sur les feuilles, le produit diffuse jusqu'aux racines, et les détruit. La plante meurt.

L'agriculture d'aujourd'hui prépare donc les sols avec ce produit, avant le semis envisagé. Qui se fera sur un sol "propre", débarrassé de ses "premiers occupants" de natures les plus diverses, simplement sans intérêt commercial, au contraire!

Au nom de l'égalité des droits végétaux (pourqui les réserver aux hommes?!) les écologistes veulent interdire l'usage de ce produit, et ils énumèrent les procédés manuels de désherbage, loin d'être gratuits, mais les seuls acceptables. Ils ont le soutien de tous les citoyens "ordinaires", de "politiques" de tous niveaux, jusqu'au  Président de la République.

Bien sûr , il a fallu trouver un autre argument, capable de troubler les humains, de leur faire partager l'opprobre: peut être un effet cancérigène. Tout cancer survenant chez un agriculteur est suspect d'avoir été causé par le glyphosate ("ils" en usent tous, pour une raison ou une autre). Le glyphosate, ou Round'up, est "potentiellement" cancérigène. Point, barre. Il n'est pas nécessaire d'avoir des arguments plus solides. Au même titre, l'eau, le thé, le café, le vin, ou la soupe, sont cancérigènes. C'est pour ces multiples raisons que tous les humains sont susceptibles de déclencher un cancer dans leur vie*.

La faiblesse de ce raisonnement n'est pas perçue par la majorité des politiques. La science n'est pas leur fort, et ne participe pas à la formation des plus calés.

Et le public, bon enfant, n'en demande pas plus. "ON" l'a dit à la télé, l'affaire est pliée.

Sceptique

*Le mécanisme de renouvellement de nos cellules, à partir de divisions de cellules-souches, est très délicat, complexe, et fait de nombreuses erreurs. Dont les résultats sont immédiatement éliminés par notre système immunitaire. Les cancers résultent d'échecs du système immunitaire. Plus fréquents en raison de l'âge, mais possibles dès l'enfance.