Le geste de Donald Trump, décidant de transférer l'Ambassade des États-Unis de Tel Aviv à Jérusalem, reconnue capitale de l'état juif, fait grimper aux rideaux le reste du monde, effrayé par l'audace, et particulièrement le monde islamique.

Car si les juifs sont dans le vrai en réaffirmant qu'ils ont été les fondateurs de la ville, à la fois politique et religieuse, pour revendiquer son retour comme possession, l'islam doit s'appuyer sur un décret divin, révélé par son prophète, qui pose comme définitive et donc éternelle, la prise de possession par les armes, au temps de l'Égire, de la ville sainte, alors chrétienne depuis six siècles, comme devraient l'être, théoriquement, toutes les conquêtes musulmanes. Le poids symbolique de Jérusalem justifie un droit particulier.

Quand les israéliens, à l'occasion des guerres qui leur ont été faites, en ont chassé les armées arabes, ils ont repris, convaincus de leur droit, leur bien, pièce maitresse de leur histoire, mais en respectant les ajouts du conquérant musulman, quatorze siècles auparavant. Seuls les fondements du second temple, détruit par les romains, subsistaient. Il n'ont fait que continuer les rites d'espérance et de contrition qui étaient leur lot depuis l'action de Rome.La logique de refus de l'existence de l'État juif a contraint les pays arabes à invoquer le caractère éternel de l'annexion islamique, pourtant conséquence, elle même, d'un rapport de forces.

La victoire est l'oeuvre de Dieu. La défaite, dans ce cas, ne résulte pas de son désaveu. Ses droits ne sont pas concernés.

C'est toute la difficulté des manipulations de l'histoire par les religions. Elles font dire à Dieu ce qu'il leur plait d'entendre, et les faits perdent toute importance.

Aux dernières nouvelles, le Prince Héritier Salman, d'Arabie Saoudite, qui a décidé de bousculer le fixisme arabo-musulman, de l'adapter à la réalité du monde, ne s'est pas associé à l'unanimisme du monde arabe.

Il y a sûrement beaucoup à espérer de ce changement, qui pourrait déclencher un mouvement symétrique de la partie israélienne.

Sceptique

post-scriptum: Donald Trump a pris seul cette décision, prévue par un vote ancien des parlementaires américains. Elle a, bien sûr, dépendu de son sentiment personnel, et non d'une obéissance à un ordre divin. Ma première interprétation a été d'humaniser l'action, dont l'effet devrait être une mise en mouvement d'une situation bloquée par la crispation de toutes les parties. Elles veulent toutes gagner, avoir totalement raison. C'est à partir de cette position à la fois unique et générale que les multiples négociations ont échoué. Il a suffi qu'une des parties revendique une satisfaction totale de ses exigences. Les autres ne pouvaient faire moins!

Les pieds de Donald Trump dans le plat représentaient l'humanisation de la question, même s'il est probable qu'il a fait une prière avant de décider. S'il peut y avoir, un jour, une solution, elle ne sera qu'humaine, les trois représentations du dieu unique disant chacune leur position, arrêtée, par le truchement d'humains. L'arbitrage sera le fait des hommes.