Je ne suis pas espagnol, je ne peux pas ressentir ce que les espagnols peuvent ressentir aujourd'hui. 

En fait, si les indépendantistes ont une courte majorité, elle me parait bien trop courte pour se lancer dans l'aventure de l'indépendance. La jeune femme qui est à la tête du Ciudadamos catalan parle d'un rêve. Dont la mise en actes implique des mouvements et des actions sur lesquels il sera difficile de revenir.

Pourtant, le remède, le retour à la raison, permettrait-il à la Catalogne de retrouver sa place comme si rien n'avait été? Il n'y a pas d'exemple de retour pacifique, de cicatrisation d'une telle blessure. Seules les conquêtes d'un vainqueur, revenues grâce à une victoire inverse, comme nos provinces de l'Est, sont des retrouvailles chaleureuses. 

Si tout se passe comme Puigdement et ses acolytes le souhaitent, grâce à leurs quatre sièges qui les font majoritaires, l'Espagne se retrouvera amputée d'une partie de son territoire. L'acceptera-t-elle? C'est la question!

Ce matin, "on", c'est-à-dire, nous, ne soulignons que l'échec de Rajoy. Mais jettera-t-l'éponge? Ce n'est pas sûr. L'unité de l'Espagne est une question récurrente, dramatique, réglée dans la violence. La question reste intégralement ibérique, l'Union Européenne n'est pas directement concernée, n'a pas vocation à s'en mêler.

Quant aux français, leur compréhension de travers est la plus probable. On ne peut que souhaiter une position sage de nos gouvernants.

Je termine par la réaction des européens, en tant qu'ensemble solidaire. Je crains qu'il s'en trouve encore plus fragile. L'Union Européenne est l'oeuvre d'européens. Pas des européens.

Sceptique