Un condisciple de fac, octogénaire et hors service, comme moi, me fait part de son émotion, à la description de ce que l'industrie alimentaire est capable de faire avec la viande de nos animaux d'élevage.

Elle peut, cette industrie, dont le coeur est aux Pays Bas, transformer la viande, d'un état reconnaissable (viande rouge ou blanche), "identifiable" (il est encore possible de dire si elle est bovine, ovine, porcine, ou aviaire) à inidentifiable, sans couleur ou structure  signant l'origine. Une simple matière protéique, en chaines , associée à des lipides et des glucides. Capable d'apporter à un carnivore la matière première nécessaire à son métabolisme, sans effort digestif ou presque. 

Seule la composition biochimique, rassemblant les trois éléments de la matière vivante, glucides, protides, lipides, figure sur les emballages, dans leurs proportions respectives. Le mélange peut garnir des lasagnes, par exemple, à un prix imbattable.

L'industrie qui les produit étant prospère, et sans honte, on est en droit de penser que ces produits trouvent preneur, et remplissent leur rôle, nourrir, contribuer à l'équilibre de la nutrition.

Mon confrère et néanmoins ami, lève les yeux et les bras au ciel, et s'étrangle à la pensée que cette pâtée ait encore droit au nom de nourriture!

Apparemment, il ne s'est pas représenté ce que devient notre steak-frites au bout d'une heure dans notre estomac. Une vache n'y reconnaitrait pas son petit, ou sa soeur.

Il vaut mieux, aussi, ne pas reconnaitre de quoi sont faits nos charmants bambins des deux sexes. Mettons les au régime vegan, ils deviendront des chiffons tristes aux cheveux clairsemés et ternes. Comme leurs contemporains somaliens ou sud-soudanais.

Qu'est-ce que la "malbouffe"? Pour un occidental, d'Europe, c'est justement ce qui se sert dans un Mac-Do. En Afrique, c'est le "signifiant", sans le signifié:"Il n'y a rien à bouffer".

Ce que je rappelle là, nos confrères de Médecins sans Frontières l'ont bien compris. Il se font fabriquer des rations  enrichies en protéines directement assimilables. Juste avant le stade "acides aminés". Grâce à ces concentrés très digestes, ils remettent sur pied des enfants si faibles qu'ils ne tiennent plus debout, et, de plus, ne digèreraient pas de la viande. Ma thèse de médecine a porté sur ces enfants en carence protéique, par affaiblissement de leurs capacités digestives. Il était démontrable que leur estomac de produisait plus les "sucs digestifs" dont les sujets normalement nourris disposent. Les substituts digestes que l'industrie peut maintenant réaliser, n'existaient pas. Quant à la cause de ces malnutritions, elle était liée à la pauvreté et à des préjugés culturels. Quand l'allaitement maternel prenait fin, aucune protéine animale ne leur était donnée. Ils n'étaient pas supposés pouvoir les digérer. Ce qui finissait par se produire.

Cinquante ans plus tard, ce sont nos jeunes contemporains qui renient ces connaissances et se jettent sur les délires et les bobards de faux savants (ou de vrais, dévoyés).

La malbouffe, la vraie, est celle qui fait mourir, par carence, par toxi-infection, ou contamination par les substances vénéneuses, produites par des bonnes et braves plantes, parées de vertus imaginaires.

Un Macdo, avec les grands parents, le mercredi, ça a du bon!

Sceptique