Cette affaire de lait en poudre, destiné à l'alimentation des enfants, du stade nouveau-né, aux six à huit mois suivants, responsable d'infections digestives par une salmonelle*, a révélé deux faits "culturels", celui propre à une entreprise, géante, mais unie par sa tête, et un autre, unifiant un modèle de commerce, celui de la "grande distribution".

La première, Lactalis, est une entreprise familiale dans au moins deux sens du terme, son origine, son management. Il s'y ajoute des rapports entre l'entreprise et ses personnels on ne peut moins conflictuels, inhabituels dans les entreprises de cette dimension. Même les syndicats ont l'esprit de famille.

Les alertes de contamination par une salmonelle des produits de l'entreprise, d'une de ses usines, en fait, ont d'abord été superbement ignorées. Il a fallu des sommations pour enclencher le rapppel des produits distribués au commerce de détail.

Mais à l'étape suivante, il est apparu qu'un nombre conséquent de "grandes surfaces", appartenant à des enseignes puissantes, a continué à vendre des produits frappés par l'alerte, prolongeant du même coup les conséquences médicales, ponctuelles, de l'infestation de certains lots.

L'affaire est remontée jusqu'au gouvernement, dont le Ministre de l'Économie a du frapper du poing sur la table, pour faire arrêter ce mauvais jeu.

Si l'usine incriminée n'a pas vu, à l'oeil nu, le microbe, les distributeurs ont été malades de voir ce bel argent, foutu.

Pieds trainés d'un côté, coeurs fendus de l'autre, le scandale a pris des dimensions intenables, en proportion du gigantisme de l'entreprise Lactalis, de celui des enseignes de la grande distribution. Des distributeurs de petits volumes, comme des pharmaciens, n'ont pas été plus raisonnables. Les boites de lait en poudre étaient si belles, bien propres, bien brillantes!

Tous les responsables politiques prennent la mesure des dégâts probables pour notre production laitière, devenue réputée pour un consommateur massif et plus vulnérable, comme la Chine. Il n'est pas encore possible de les mesurer, il ne l'est pas davantage de rassurer ce gros client. La colère du Ministre et du Président est justifiée.

Autre sujet, différent, mais avec sa dose de polémiques, est le projet présidentiel d'étendre la procréation médicalement assistée, à toutes les femmes désireuses d'un enfant, mais arrêtées face au moyen naturel d'y parvenir. Le droit à l'enfant débouche sur le don de gamètes mâles et leur dépôt instrumental en lieu et temps opportuns.

À partir d'une conviction bien française, "tout ce qui sera permis deviendra obligatoire", des voix s'élèvent fermement contre ce supplément de libertés, et promettent des manifs pour la défense de l'ordre divin, de moins en moins respecté. "On" en profite pour ressortir celui de la GPA, qui fait dresser les cheveux sur la tête, par la location de son ventre par une femme, "fabricant" un enfant qui ne sera jamais le sien, moyennant finances. Qu'elle en aie besoin n'émeut pas les contestataires.

Aucune femme, en France, ne pourrait décemment réclamer la disponibilité de cette ressource. Notre système social permet, en principe, de se passer de ce moyen extrême.

Je pense, qu'effectivement, ce moyen d'obtenir un enfant peut être formellement interdit en France. Utilisé à l'étranger, il ne doit, par contre, aboutir à une sanction globale, frappant également l'enfant ainsi "produit". 

Leur situation a été améliorée par Madame Taubira, Garde des Sceaux de François Hollande, et c'était justice.

Sceptique

*Une entéro-bactérie, se développant dans l'intestin, provoquant une diarrhée, rapidement dangereuse pour un nourisson.