Il me semble inutile de finasser. Ce qui s'est passé hier est une défaite, une capitulation. Saisi par le doute, le Président Macron a décroché, a amené son pavillon. 

Il aura beau faire des moulinets verbaux, il s'est donné tort. Il a donné tort aux élus locaux, qui ont pensé développement économique, alors que pour ses adversaires, les écologistes, l'humanité doit tourner le dos à ce qu'elle a cru pendant deux siècles, bon poids. Le progrès, tous azimuths, libérant l'homme de toutes les limites que lui impose la nature. C'est la nature qui devait obéir, qui devait se plier.

Pour les écologistes, cette route était une fausse route. Vers la gabegie totale, la bonne vie, la nourriture, la santé, les loisirs, les vacances, les voyages. L'homme avait droit à tout ça, sans autre limite que son coût, pesant inégalement. 

Que le réchauffement climatique en soit la conséquence, ou non, peu importe. Le soupçon pèse sur l'humanité, ses inventions diaboliques, ses fringales de toutes sortes. Le soupçon justifie la mise en examen, la résidence surveillée, la confiscation du passeport.

L'avant-garde de la Révolution Ècologiste ne se contente plus de critiquer, de condamner, de prophétiser, elle recrée, là où elle peut, une vie qui veut ressembler à celle d'il y a deux siècles, avec quelques concessions aux dépendances créées par le progrès. Mais obtenues par confiscation, sans complicité avec  le commerce qui les contrôle. "Elle" veut démontrer que c'est possible, qu'une société nouvelle pourra l'imposer.

Le projet de Notre-Dame-des -Landes a été le prétexte du passage à l'acte, l'occupation "militante" du site de l'aéroport, son annexion pour l'expérimentation du modèle jusqu'alors dans les têtes, une société égalitaire, anarchique, reconstituant un mode de vie révolu, oublié. Montrer qu'il peut survivre est la première étape. Dissimuler ce qu'il lui reste de dépendance au progrès maudit n'a pas l'air compliqué.

Et, face aux doutes qui ont saisi les "modernes", "mis en examen" pour abus de consommation, détérioration d'un bien public (le climat), ces "déconstructeurs" voient leur prestige en hausse, applaudi par les hypocrites à double vie, disant ce qu'ils ne vivent pas, vivant ce qu'ils ne disent pas. Les vrais comptes seront réglés après la victoire finale, comme toujours.

L'écologisme est une raison partielle, sectorielle. Elle est obligée de négliger, d'annuler, même, une bonne proportion du monde humain existant, auquel le progrès, multi-millénaire, avec quelques bonds en avant, grâce à des révolutions technologiques, a permis de proliférer sans contrôle. L'existence de ce surplus humain est une gêne morale à accomplir rigoureusement une régression en bon ordre. L'afflux de migrants, en provenance de territoires ne pouvant suivre la marche du monde, est une difficulté supplémentaire. On ne peut les mettre au régime. Ce n'est pas ce qu'ils viennent chercher. Un monde auquel, précisément, les prophètes écologistes nous somment de renoncer!

Le Président Macron n'a pas été élu pour nous mettre au régime, mais, au contraire, pour restaurer, consolider, notre monde, menacé de faillite. Mais il est déchiré entre cette demande et ses doutes sur son bien fondé. Il vient de montrer la contradiction qui piège, aujourd'hui, tout dirigeant responsable. L'humanité fait elle fausse route, derrière le guide occidental? Si oui, plus de bagnoles, plus d'avions, plus de tracteurs. La pelle et la pioche, et, j'oubliais, la serfouette, pour desherber!

Sceptique