Un gros titre de la Presse, de Montréal, résume la question posée et re-posée, chaque jour qui passe. Ce jour, elle a la forme d'un rapport, au sens arithmétique du terme: Un PDG gagne en quatre jours le salaire de toute une vie d'un ouvrier bangladais.

Le scandale de l'économie capitaliste tient dans cette formule, oeuvre d'une ONG, OXFAM, qui part en guerre contre ce modèle d'économie, apparu en Occident au début du dix-neuvième siècle, lors de la seconde révolution industrielle. 

OXFAM réclame, pour faire cesser ce scandale, que ces entreprises capitalistes soient arrachées à leurs propriétaires exploitants, au vrai sens du mot, et remises aux gouvernements des pays qui les hébergent.

Si ce modèle n'inspire rien aux plus jeunes, c'est celui du communisme, mis en application entre l'année 1917 et 1990 dans l'Union Soviétique, le modèle pour le reste du monde, sous condition d'un pouvoir du même type.

Il n'en reste plus grand chose aujourd'hui, même dans le pays qui se réclame du communisme, comme la Chine, où les milliardaires sont nombreux et bien sages. Il a disparu partout où il a été imposé, par les armes, les camps, et les pelotons d'exécution.

Le Bangladesh, en raison de la mondialisation, de la liberté des échanges, déterminée par le meilleur prix, le plus bas, est devenu un atelier mondial de la confection, de vêtements bon marché. Les donneurs d'ordre occidentaux conçoivent les modèles, et passent commande pour la réalisation d'un nombre conséquent d'unités, à un prix imbattable. Les produits fabriqués se retrouvent dans les boutiques de toutes tailles des pays occidentaux, incapables de produire à prix si bas.

Car il est sûr que les ouvriers bangladais travaillent pour des salaires que personne n'accepterait dans les pays consommateurs. La comparaison des salaires et des conditions de travail serait évidemment en faveur des pays modernes et prospères qui passent les commandes, mais les produits fabriqués ne trouveraient alors, pas preneurs. Il y a longtemps que les productions à faible valeur ajoutée ont cessé dans les pays occidentaux.

Qui, les scandales aidant, ont mis le nez dans les conditions de travail des pays producteurs, et exigé des niveaux minimums de salaires, de conditions de travail, et de sécurité. L'unité dans l'exigence a fait accepter l'intrusion dans les affaires de ces pays pauvres, mais fiers, et susceptibles. Quant au choix d'une reprise en mains étatique de ces entreprises, les exemples d'ailleurs et d'autres temps, ne les ont pas encouragés.

Les états maintenant importateurs sont passés par ce stade, de bas salaires, de profits très inégaux. Leurs propres usines ont fermé, sont parfois parties dans ces pays à bas coût. C'est une tendance générale de l'économie mondiale. Les économies nationales partent d'un point bas, en direction d'un point toujours plus haut....jusqu'à l'impossible, l'intenable.

Entre conjoncture et politique locale, les entreprises s'adaptent en souplesse, ou en dureté. Le niveau de conscience des "victimes", les qualités des dirigeants sont importants. Aucune règle générale n'est facile à imposer, ou à faire respecter. Mais ce n'est pas impossible. Le monde n'est pas uniformément cynique. Sa force n'est faite que de la faiblesse des "victimes". Des progrès peuvent être acceptés. Une catastrophe meurtrière en a imposés au Bangla-Desh

Sceptique