Gérard Depardieu, notre acteur fantasque, sans doute lassé de se peler, ou de se geler, va quitter la Russie pour l'Algérie. Il est sûr qu'en cette saison, le climat sera meilleur. Il saisit l'occasion pour donner sa vision de l'histoire: un pays à la culture raffinée conquis par des brutes. 

Il y a toujours des critiques possibles de l'histoire. Je ne suis pas le dernier à critiquer l'aventure, à la déplorer. Pourquoi avoir transformé une opération punitive en conquête, partielle, et superficielle? Né cent ans plus tard, engagé avec ma classe d'âge dans la défense de notre "possession", j'ai pu prendre la mesure de notre échec global. Mais maintenant, la France et l'Algérie sont marquées réciproquement, et doivent faire avec ce bout d'histoire liée, en partie commune.

Je pense que nos rois de la Restauration étaient jaloux des conquêtes de l'imposteur, et ses officiers, nostalgiques des aventures du même. "Ils" n'ont pas pu s'empêcher. Tout le monde occidental (Europe et États-Unis), entrant dans la deuxième révolution industrielle, n'a pas tardé à partir à la conquête du monde, pour s'attribuer des marchés. Un siècle plus tard, ces empires ont été largués, sans regrets pour les uns, douloureusement pour quelques autres, dont nous-mêmes.

Les "opérations vérité" ont donné des résultats divers. la plupart sont indolores, les autres font durablement mal. Les nôtres, en particulier. 

Pourquoi? Parce que, nous sentant coupables, nous avons continué à intervenir, à nous porter au secours, économique, ou militaire, les troubles dépassant nos successeurs, qui nous appelaient au secours...Que nous ne refusions pas. Toujours pas.

Est-ce à notre honneur? Peut-être. À nos dépens, sûrement! Mais "on" est comme çà, on ne se refait pas.

L'Histoire non plus! J'espère que Gérard Depardieu l'examinera de plus près.

Sceptique