Il ne se passe pas de jours sans qu'on en parle, sans qu'on la condamne, comme la pire des menaces, ou au contraire qu'on la multiplie, par cent, mille, ou encore plus. Siphonner l'Afrique, pour les uns, le Moyen-Orient, pour les autres. Au secours de tous les hommes qui ne disposent pas du même niveau de vie que le nôtre, ou de la paix. Et, surtout, que les premiers occupants n'aient pas l'indécence de protester.

Les deux points de vue ont leurs arguments, leur légitimité, au regard de lois internationales sélectionnées. Les deux points de vue s'opposent l'un à l'autre, avec la même vigueur.

Nos disputes ne font pas le poids, face à la pression de la misère, de la tyrannie, qui se portent mieux que la démocratie. Des milliers de jeunes hommes africains s'offrent en sacrifice à leur famille, risquent leur vie, ou leur liberté, dans l'espoir de mettre le pied sur le sol de l'Europe, à partir de quoi ils retrouverons l'espoir de vivre. Et de faire le bonheur, relatif, de leur famille.

Nous, sur ce bord-ci de la mer, nous ne pouvons nous empêcher d'avoir peur de cette invasion, d'imaginer notre remplacement violent et impitoyable par cette marée humaine. La peur n'a comme contrepoids que nos valeurs, encore solidement enracinées dans nos esprits. Quant à ceux qui en sont les militants, la pureté n'est pas toujours associée à leur charité sélective. Il faut recourir à nos lois internationales, élaborées par nous-mêmes, qui nous disent le bien et le mal. Aussi clivants l'un que l'autre.

Car, pour le moment, ce pompage, foulant et aspirant, des excédents démographiques de l'Afrique n'a pas d'effet visible sur sa situation globale. Ni, vraiment, sur notre vision de notre espace. À part quelques goulots d'étranglement, aux passages obligés, ou très désirés, comme notre rivage du Pas-de-Calais, chaque français n'a pas l'occasion quotidienne de croiser un immigré fraîchement arrivé. Les régions éloignées des voies de circulation, ou de concentration, n'en voient pas. Sans les journaux et la télé, ils seraient perplexes. Les médias, imprimés ou audio-visuels, qui diffusent 24h sur 24 les informations, bonnes, ou mauvaises, nous obligent à savoir, qu'on  constate, ou non, le phénomène.

Peut-on imaginer un épuisement, une fin, de ce flux du sud au nord, ou du nord, au sud,des tropiques aux terres tempérées?* À l'ère de l'information universelle et en temps réel, ça ne parait plus possible.

Entre les deux tropiques qui ceinturent le monde, il n'y a aucun endroit qui fasse le bonheur durable des humains. Au delà des cercles polaires, non plus.

Et l'hémisphère Nord est plus généreux, en quantités de terres vivables, que l'hémisphère Sud. La pensée magique de l'homme se brise sur cette vérité physique. Elle concerne aussi les migrants. Ils ne peuvent aller n'importe où! La géographie les conduit, par la main, chez nous, les européens.

Une autre remarque: partout, en tous points, bons, ou mauvais, du globe, l'homme ne subit une régulation naturelle. Il s'adapte à toutes les conditions, il les contourne ou les transforme. Depuis des millénaires il s'est affranchi de la chasse et de la cueillette pour se nourrir. Les échanges, pacifiques, avec ses semblables, contribuent à la satisfaction de ses besoins.

On ne manquera pas de me dire que le tableau que je dresse de la situation de l'humanité est tout simplement catastrophique!

C'est bien vrai. Dans quelque sens qu'on aborde le problème. Aux dirigeants que nous nous choisissons, de faire pour le mieux. Ne suivons pas systématiquement ceux qui se présentent comme les plus malins.

Sceptique

22 Février 2018

Ce billet n'étant pas encore en ligne, j'y ajoute ce que j'ai retenu des débats entendus depuis sur les chaines d'information. Ces débats opposent les fervents défenseurs d'un accueil illimité des migrants qui se présentent à nos portes, et les politiques qui évaluent les réactions de l'opinion, et s'inquiètent des conséquences électorales, ou sur l'ordre public, de la situation actuelle.

La cible principale est le Président que nous avons élu. Pour les uns, il est laxiste, pour les autres, il écoute trop les inquiets, les peureux. Qui ne devraient pas exister, ou ne pas avoir le droit de voter.

Ce qui confirme que la situation créée par les migrations de toutes sortes, politiques ou économiques, divise l'opinion, et n'en satisfait aucune moitié. 

Il en résulte que les débats sont inaudibles et ne mènent à rien. Les yakas sont tout autant divisés, entre ceux qui veulent qu'on donne tout ce qu'on peut, et ceux qui rappellent que les français ne sont pas encore tous au niveau de vie souhaitable.

Nous sommes bien en France. Il est hautement probable que les français moyens et les immigrants moyens ne donnent pas le même sens à cette proposition.

Sceptique