Après une cure de fraternisation avec le cousin sud coréen, le petit dictateur nord-coréen se tourne vers Donald Trump, sa "tête de turc" pendant des mois, et lui propose une rencontre pacifique et pacifiante. Il n'y a pas si longtemps, il promettait aux États-Unis de les effacer de la surface de la terre, grâce à un tapis de bombes atomiques, apportées par ses missiles inter-continentaux.

Il y avait un problème avec ces derniers, qui tombaient dans l'eau, à quelques milliers de kilomètres à l'Est du Japon.

Pendant les jeux de Pyeongchang, silence radio sur le beau projet. Quelques démonstrations de joujoux à Pyong Yang*, mais une fraternisation avec le frère ennemi sud-coréen, semblant réellement sérieuse. 

Je ne dirai pas, "quelle mouche l'a piqué?" Ce genre d'évènement met plutôt en furie.

J'ai remarqué, comme tout le monde, que ces fusées lancées vers l'Est, survolant le Japon, faisaient leur plongeon final bien avant la côte du continent nord-américain, au terme d'une trajectoire parabolique étroite, une chandelle, comme on le dit pour un avion en démonstration.

Mais la composante horizontale de la trajectoire atteignait, elle, une longueur respectable, et inquiétante. Elle ne devait, pourtant, son importance qu'à la rotation de la terre pendant la durée du trajet,* entre lancement et plongeon.

Ces faits, répétés lancement après lancement, donnent à penser que la Corée du Nord ne maitrise pas du tout la rentrée dans l'atmosphère d'un missile intercontinental à trajectoire "normale"pour un engin à longue portée. Qu'il serait inutilement coûteux d'y installer une bombe atomique, dont le poids diminuerait la portée dans une proportion conséquente.

Les remontrances de ses parrains Vladimir Poutine, et Xi Jinping, pourraient avoir convaincu Kim Jung Un d'"arrêter son cirque". Avec l'aisance d'un Rouge, il a retourné sa veste. Il faut être bon joueur, et l'en féliciter. Ses parrains, aussi, ont droit à nos meilleures pensées. Il n'est pas sûr qu'on ne perde rien pour attendre. Ses suzerains, nettement plus mûrs, sont maintenant raisonnables. Une guerre mondiale ne serait pas forcément favorable à leurs ambitions. Ils y seraient engloutis comme leurs ennemis. Ils préfèrent les "bras de fer" périodiques, pour entretenir la forme.

Au passage, on peut admirer le professionnalisme des chaudronniers nord-coréens, qui fabriquent en nombre des fausses fusées, bien clinquantes. La paix a un coût, mais pas de prix!

Sceptique

*L'angle balayé est le même, mais la distance parcourue est augmentée.

Note du 10 Mars 2018: les débats (sur LCI) consacrés à l'offre de rencontre "au sommet", entre Kim jong Un et Donald Trump, n'ont pas tenu compte des doutes des observateurs qui ont suivi un par un les lancers de missiles nord coréens, et relevé l'artifice pouvant laisser croire à un niveau technique proche du nécessaire. Le dictateur nord-coréen est crédité de la puissance nucléaire, bombes et vecteurs, pouvant discuter d'égal à égal avec le Président des États-Unis. Il ne faut pas le fâcher, sans doute.