Le Monde paru le Vendredi 9 Mars, consacre son éditorial à la disparition, il y a quatre ans, du vol MH370 de Malaysia Airlines, encore en bonne partie mystérieuse, et inspiratrice, pendant des mois, d'histoires délirantes.

La vérité a mis du temps à prendre forme, à être convaincante, et il manque encore la localisation de l'épave, dans un secteur de l'Océan Indien, très profond et peu fréquenté.

Le Boeing 777 avait quitté Kuala Lumpur avec 280 passagers et son équipage, à destination de Pékin, quand il a brusquement interrompu tout contact. Le suivi radar a permis de constater un trajet irrégulier, changeant, mais se maintenant en altitude, puis, prenant la direction du sud, au delà de la portée des radars de la région de départ. Il a été, par contre, repéré par les dispositifs de surveillance du trafic des américains, jusqu'à sa disparition dans l'océan, à l'ouest* de l'Australie, explicable par l'épuisement de son carburant.

Les recherches qui ont rapidement suivi n'ont pas permis de trouver des débris indiquant la zone d'impact, et livrant des informations sur l'accident.

D'autres recherches, plus méthodiques, n'ont pas été plus fructueuses. L'épave n'a pas été localisée, ce qui a lâché la bride à un bon nombre d'histoires se situant sur d'autres trajets, vers d'autres destinations, d'autres sorts pour les passagers. 

Deux ans ou plus passèrent, quand un aileron portant un numéro fut ramassé par un promeneur sur la côte Nord de l'Île de la Réunion. Il fut rapidement identifié comme provenant de l'avion disparu, et son trajet avait suivi un courant connu, partant de la zone présumée de la disparition et se dirigeant vers la côte Est de l'Afrique. La Réunion, et d'autres îles se situaient sur le trajet, et les recherches opérées par leurs habitants apportèrent d'autres débris provenant d'avions. Seuls quelques uns purent être identifiées comme provenant de l'avion disparu, confirmant sa chute dans la zone suspectée. Des recherches systématiques, disposant des équipements nécessaires furent entreprises, en vain. L'épave était introuvable....là où elle avait été cherchée.

Le financement de nouvelles recherches, dans les zones "vierges" devenait problématique. Ne valait-il pas mieux avoir la sagesse de nos anciens, familiers des disparitions "corps et biens"?

L'éditorial du "Monde" fait état de la proposition d'une société américaine, Ocean Infinity, expérimentée dans le domaine de la recherche lucrative d'épaves, se donnant le délai de 90 jours pour retrouver l'avion, et fixant un tarif forfaitaire en cas de succès.

La dite société, dirigée par un homme d'affaires britannique, Anthony Clake est réputée pour ses succès de recherches ciblées pour leur aspect prometteur. La recherche de l'avion disparu pourrait être l'occasion de trouvailles intéressantes. Disposant d'un navire spécialisé, le Seabed Constructor, capable de remonter un objet repéré à 5.000 mètres de profondeur, de "projeter" des robots sous-marins vers les zones à explorer. Il y aurait déjà une moisson potentielle repérée à l'occasion des recherches effectuées pendant ces quatre années écoulées.

Pour résumer, cette évolution de l'humanité vers le refus du "perdu corps et biens" qui a été le sort des aventuriers et des voyageurs pendant quelques millénaires, aboutit à une alliance avec une activité non moins humaine, non moins millénaire, mais autrement sentimentale, celle de la récupération de "biens" intéressants, car précieux.

L'homme n'a pas attendu longtemps pour apprécier ce qui brille, et justifie tous les efforts et tous...les crimes.

Ce n'est pas de nos jours qu'IL va se refaire, malgré l'opprobre jetée sur l'or et l'argent.

Sceptique

*J'ai refait la même erreur d'orientation que dans le premier billet consacré à la disparition du MH370. Personne ne me l'avait signalée! Heureusement, notre planète n'est pas susceptible!