Son bilan partiel, quatre morts, si je compte bien (j'omets volontairement le terroriste), dont le commandant de la gendarmerie de l'Aude, assassiné par le terroriste par traitrise.

À qui la faute? Question automatique, qui suit chaque attentat!  Au pouvoir, en l'occurrence le Président en personne. Pas seulement par sa seule fonction. Par sa mauvaise compréhension du problème, selon ses ennemis, celui de la dérive islamiste de résidents, ou de citoyens, gagnés par le fanatisme, annulant leurs devoirs patriotiques. Ils auraient du être emprisonnés ou expulsés, s'ils étaient étrangers, ou à double nationalité.

Pour Laurent Wauquiez, Président des LR, le Président en activité a failli. Sous entendu, il doit démissionner, appeler le peuple à une nouvelle élection présidentielle. Pourquoi ne pas élire Laurent Wauquiez?

S'il ne l'a pas dit, manifestement, il l'a pensé. On peut en être sûr.

On peut comprendre une telle tentation. Un peu de recul repositionne la Raison. Le salafisme, cette nostalgie des débuts glorieux, puise ses arguments dans les menaces naturelles qu'exercent les accomodements des sociétés humaines, musulmanes comprises, avec les faits concrets de la vie humaine, sur l'ensemble de la surface terrestre. Une humanité avide, dès qu'elle le peut, des plaisirs inconnus à l'époque du Prophète, là où il a prêché.

Le salafisme s'offre à perpétuer l'essentiel du Coran, et l'obéissance des fidèles à la parole du prophète. Aucune religion ne peut relativiser son texte fondateur. C'est une audace qui ne peut qu'être externe, le fait d'un...infidèle. Dont la chasse est toujours ouverte.

Immergé dans la société française, le salafisme, incarné par ses adeptes, s'y sent mal. Quelle solution, pour lui, pour eux? Pour Lui, vérité divine aucun compromis n'est possible. Pour ses fidèles, il faut accepter une souffrance, ou la refuser, en combattre la cause. C'est le motif de ceux qui passent à l'acte, au terrorisme, supposé combler Allah de joie.

Tant que le salafisme n'est qu'une idée, ne concernant que le mode de vie du fidèle, la tolérance à laquelle s'oblige notre société joue son rôle. Mais le salafisme, lui, par essence, ne peut être tolérant, supporter une erreur, vivre en sa compagnie sans rien dire, sans rien faire. Comme toute religion, il définit une logique. Ses adeptes, spontanément, ou convaincus par un imam de la nécessité d'un combat, mortel pour les impies, échafaudent un projet, l'enrichissent des informations et conseils distillés sur le web, par des sites...salafistes.

Le projet terroriste mûr, le candidat terroriste choisit sa cible, et prépare son acte. Son réalisme ne porte pas sur le principe, mais sur les obstacles ou entraves à neutraliser, avant, ou au début de l'action.

Dès que les premiers actes terroristes de cette mouvance ont affecté, dûrement, notre société, nos polices ont réagi avec rapidité et efficacité. Les terroristes tueurs ont payé de leur vie, les uns après les autres, les actes commis. Et, surtout, les mesures présumées efficaces contre cette nouvelle forme d'insécurité, ont été élaborées, et confiées aux forces de police existantes, police et gendarmerie. L'armée est sollicitée, chargée d'une visibilité dissuasive. 

Notre société est placée face à un dilemme, qui oppose nos libertés à ces menaces sournoises. Elle se clive, entre ceux qui placent nos valeurs au dessus de tout, au risque de brider la prévention et les sanctions des actes, et ceux qui font passer au premier rang la sécurité des citoyens, et prônent une suspension des libertés publiques, et une présomption de dangerosité des adeptes de l'islam, sans distinction de ses nuances.

De part et d'autre, les outrances trahissent la perte de sang froid, ou la tentative de récupération politique de la situation. La liberté expose son double tranchant, son recul préventif est proposé, avec des arguments.

Parce que nous avons des institutions solides, mais respectueuses des droits individuels, leur défense parait à certains inadaptée à la situation nouvelle créée par un terrorisme. Le terrorisme a toujours une double cible, les acteurs d'une politique qui déplait aux terroristes, les libertés qu'elle autorise et défend, mais que le salafisme a en horreur..

Il faut "raison garder". Quoi d'autre?

Sceptique