Dans un mois, et deux jours, Emmanuel Macron bouclera sa première année de Présidence de la République. Et la France ne va pas encore bien. Si ce n'est pas un échec, qu'est-ce qu'un échec?

Je plaisante, car je suis convaincu de la nécessité de ce qu'il entreprend, et j'ai un recul sur notre vie politique, qui m'a permis de mesurer la difficulté de gouverner la France. Les meilleurs n'ont récolté que la haine, sous de multiples formes.

J'ai aussi une assez longue vie, émaillée de guerres, de crises politiques, de maladies, de passages aux urgences, de choix politiques incertains, puis décevants. Je ne crois plus depuis longtemps en l'intelligence politique des masses. Il ne faut compter que sur l'intelligence de ceux qui sont portés au pouvoir pour un programme, impossible, et qui en changent en catimini. L'obstination est une bêtise, même en politique. Mais le prouver se fait mal voir.

Il y a un an, Emmanuel Macron, sorti de l'incognito à l'échelle nationale, s'est imposé comme LA solution au deuxième tour, au grand chagrin des autres candidats, victimes des premières étapes. La campagne présidentielle a mis au grand jour sa connaissance des dossiers, la clarté de ses analyses, les évidences de son programme, où la Raison dominait.

Notre vie politique, organisée par notre constitution, sélectionne tous les cinq ans un Président de la République. Ses références idéologiques sont généralement contraires de celles de son prédécesseur. Les redoublants se sont fait rares, depuis quelques décennies. L'élection d'Émmanuel Macron a été de toute évidence une condamnation de la politique de François Hollande.

Il subsiste toujours, dans les suites d'une élection, les éléments propres à former une opposition, féroce par destination. Notre peuple est rarement unanime. Une à deux fois par siècle, pas plus.

La pensée magique forme un parti composite qui rassemble les mécontentements et les recettes appropriées. "Il" rencontre et interpelle Macron. C'est le jeu politique de la Vème République.

Certains pensent qu'en la changeant, ça serait mieux. Mais comment? La précédente, la Quatrième République, aurait déjà été paralysée de multiples fois. Notre avenir n'est pas dans un bon-vieux-temps quelconque.

Sceptique