Je n'ai aucune raison de penser que le gourdin, l'arc et ses flèches, la masse d'armes, ont eu un retour sur l'amour propre de leur porteur. Il parait, par contre, beaucoup plus sûr, que le glaive, sous ses diverses formes ou tailles, a été un supplément d'image pour veux qui l'arboraient, et les hommes qui les voyaient. Le schéma de l'arme apparait rapidement sur les représentations de l'homme par lui même.

La motorisation, par elle-même, s'est rapidement imposée comme valeur ajoutée. Par l'heureux bénéficiaire, par les témoins admiratifs et envieux.

La motorisation de l'individu humain repose sur deux critères mesurables, la vitesse acquise au bout d'un kilomètre, départ arrêté, la vitesse attteinte au delà de ce critère standardisé.

Les automobilistes et les motards se rejoignent sur ces résultats, que la possession de l'engin capable oblige. Le possesseur ne peut déroger aux performances attribuées à son engin motorisé, spécialement un deux-roues, mais aussi une voiture puissante.

Le partage des mêmes voies par les deux catégories de possesseurs a créé un problème social majeur, car elles se mettent réciproquement en danger, les uns par leur vitesse trop lente, les autres par excès, qui peut être considérable.

La cinétique, partie de la science physique, est unique. Il n'existe pas de compromis satisfaisant, l'alignement sur les plus lents, en plus d'être insupportable, de multiplier le risque d'accidents, est déjà vécu par tous les usagers de la route ordinaire. Les autoroutes, avec leurs couloirs, sont une première solution, mais il n'est pas pensable de supprimer un maximum, compatible avec la diversité des performances. Le droit à la vie doit prévaloir sur tous les autres. La maitrise de la vitesse doit rester une obligation en toutes circonstances. Elle est constamment transgressée. Ce sont les plus puissamment équipés qui ressentent la frustration, se laissent aller.  

La sagesse, qui vaut pour tout le monde, indique la voie: un maximum, un plafond, non transgressable, sans exception, sensiblement inférieur aux meilleures performances. Il s'agit de la vie des conducteurs, des passagers.

Notre société se divise actuellement sur une des premières mesures anoncées par le nouveau gouvernement, la réduction à 80 kmh de la vitesse maximale sur le réseau secondaire, départemental, dont les routes sont à deux voies, sans séparation physique des deux voies. Leur dangerosité est liée à cette particularité. La vitesse de 90 Kmh, forcément dépassée, crée un risque insupportable pour les croisements et les dépassements. 

Ceux qui ont pour principe de se moquer des limitations de vitesse continueront de le faire, autant qu'aujourd'hui et partout. Les moyens de sanctionner ne seront jamais adéquats. Il faudra un certain recul pour évaluer les effets de la limitation de vitesse. Les aménagements en faveur d'une circulation fluide et pacifique restent indispensables malgré les problèmes budgétaires, car l'humain ne changera pas en masse.

Sceptique