L'allongement de l'espérance de vie, grâce aux progrès de la médecine et des conditions de vie, a augmenté, corrélativement, la fréquence des démences séniles, liées à une détérioration plus précoce du cerveau et de ses fonctions.

Les malades n'ont pas une santé plus fragile que les autres, mais les fonctions cérébrales, assurant l'insertion sociale, comme le langage, la mémoire des identités des familiers, l'orientation temporo-spatiale, sont anormalement altérées, provoquant, globalement, la rupture de la personne malade avec ses proches, qu'elle ne reconnait plus, et avec les soignants, qu'elle ne comprend plus.

Il en résulte que tous les comportements qui font la vie sociale, sont absents ou altérés, et doivent être pris en charge par les "aidants"ou les soignants. Les structures ordinaires n'y suffisent plus, le niveau EHPAD devient indispensable. Son financement va reposer sur une base plus large, car les moyens propres de la personne atteinte sont limités. Le budget social du département, de l'assurance maladie participent, sans parvenir, dans les cas les plus courants, à garantir toute la dépense.

La prise en compte des biens immobiliers, quand ils existent, se heurte à l'attachement des membres de la famille à ces biens, destinés à rester dans la famille. Une inégalité potentielle apparait, entre des familles qui seront dépossédées, et celles qui seront entièrement prises en charge par la société. La passion pour l'égalité ne va pas jusque là.

Il est donc nécessaire, pour apaiser les passions, de concevoir un système de financement pesant équita-blement sur toutes les familles, sur tous les bien-portants. Il en existe déjà deux, principales, l'assurance maladie, l'assurance vieillesse. Qui ne sont pas prévues pour assumer toutes les charges créées par la dépendance.

La solution imaginée il y a quelques années, une journée de travail des salariés versée entièrement à l'assurance maladie, était d'emblée inégalitaire. Beaucoup de professions ne peuvent définir un niveau journalier du revenu fourni par l'activité. Elles ne cotisent pas, tout simplement. Inégalitaire, cette ponction ne peut pas être doublée, dans les mêmes conditions. Le marché des prélèvements est très encombré. À l'annonce  d'en ajouter un supplémentaire, les couteaux sortent!

Comme il serait préférable qu'il soit modeste, mais sur une longue durée (avec la sécurité adéquate!), un supplément forfaitaire ou proportionnel* à la cotisation vieillesse serait logique. Le mécanisme de l'assurance a fait ses preuves. Il faudra calculer ce supplément avec rigueur, à partir des données épidémiologiques déjà connues**. La prestation sera forfaitaire, calculée à partir d'un panier de soins particuliers, et non réversible.

Sceptique

*le choix du proportionnel est le moins contestable.

**L'augmentation du nombre de cas est liée à l'allongement de l'espérance de vie. L'éventail des âges d'apparition est stable.

Note du 19 Avril 2018: La lecture de la synthèse de Serge Guérin, sur le site Telos, me révèle mon déficit d'information sur cette question, qui pourtant m'intéresse et me concerne. Mais les mesures prises par les politiques semblent poursuivre les problèmes réels sans jamais être satisfaisants et justes. Notre société a du  du mal à s'adapter à l'augmentation de la longévité, est toujours en retard d'une mesure.

C"est pourquoi je persiste à souhaiter un préfinancement en annexe de l'assurance vieillesse.