On en parle beaucoup, en ce moment, où se cherche une solution, si possible durable, pour le lieu dit "Notre Dame des Landes. Mais nos médias saisissent l'occasion de parler des autres implantations, attirées par les projets de l'homme contemporain, tous "artificiels".

Du coup les reportages, courageux car dangereux, prolifèrent, affluent sur nos écrans, stéréotypés.

Si les zadistes vomissent la société contemporaine, et ses artefacts, ils sont nettement post-néolithiques, agriculteurs ou éleveurs, très accessoirement chasseurs-cueilleurs...d'affaires qui trainent, de produits honnis, mais bien utiles, comme l'électricité. Comme il n'est pas question de l'acheter, ils la volent, grâce à des branchements audacieux.

Ils ont restauré, là où ils se sont installés, le mode de vie de nos ancêtres ruraux, tel qu'il était avant l'extension à nos communes rurales de l'invention du préfet Poubelle. Leur différence est l'absence des matériaux de construction, remplacés par les produits plats de bois, de plastique, de métal.

Les enfouissements au fond du jardin, c'est fini, et c'est tant mieux, car les matériaux modernes, comme les plastiques, ne sont plus dégradés par les bactéries du sol. De ces dépôts, il ne subsistait quelques décennies plus tard que le verre, non dégradable dès son invention. Le seul métal utilisé, le fer, était désagrégé totalement.

Dans toute la France, à la campagne ou à la ville, on bénéficie de l'action collective de propreté, mais à condition d'exister officiellement, d'être nommé, de cotiser. Il faut payer l'évacuation des déchets, au prorata des quantités mesurables. La gratuité de fait concerne les dépôts "sauvages", dont les civilisés décident l'évacuation quand ils débordent, aux frais de ceux qui payent.

Comme on l'aura compris, les emplacements zadistes, précaires, puisque révocables, par la faute des humains accrocs au matérialisme, appartiennent à la catégorie des "bidonvilles", mais sans en accepter le nom, péjoratif, offensant. Leurs habitations, typiquement "masculines", ne peuvent convenir qu'à ce sexe, accomodant de toujours, en la matière. Si leurs constructeurs-occupants tiennent à leur tranquillité, ils n'ont pas intérêt à y installer une femme, et il semble qu'il en soit ainsi, pour la majorité.

Ce qui pose la question de l'avenir. Le zadisme est-il un grand retour? Et en même temps, LE FUTUR, reprenant, comme une grande flaque d'huile, tout le territoire national?

Je pense qu'ils le croient, que la civilisation actuellement en vogue est une impasse, et qu'une marche arrière s'impose, au moins jusqu'à l'ère pré-pastorienne, ou pré-Semelweiss. Sauf si le célibat qui semble marquer et contenir cette culture  se laisse aller à des faiblesses coupables.

Bonne et longue vie au zadisme, je ne suis plus concerné, et il semble plaire aux générations qui suivent la mienne.

Sceptique