J'avais entendu parler de ce recours provisoire, lié au Ramadan, mois sacré de l'islam, mais dans l'état de mon information, je n'en comprenais pas la nécessité.

Il ne s'agit que d'une spécialité de la religion musulmane, les imams "psalmodieurs", dont le rôle est de maintenir sous pression pieuse les fidèles réunis à la mosquée pour une prière continue. Malgré notre degré de mécréance, je pense que nous sommes encore capables de définir la psalmodie, l'action de psalmodier.

Pour notre part, il y a quelques dizaines d'années, quand les festivités de Pâques étaient encore principalement religieuses, les paroisses importantes recrutaient un prédicateur, souvent un jésuite, particulièrement expert dans la religion catholique, en l'occurrence. J'imagine que cet effort en direction des fidèles, n'est plus, ni utile, ni financièrement soutenable, malgré la frugalité de l'église d'aujourd'hui.

L'islam,plus jeune de six siècles, est dans une phase militante, car il subit, comme toutes les religions, la pression destructrice de la pensée moderne, de son matérialisme, de son relativisme. Et la nécessité d'appeler à l'aide les pays d'origine témoigne de l'impact de l'esprit laïc qui domine en France, plus fortement qu'on peut l'imaginer.

Cette importation temporaire d'imams "psalmodieurs" est une nécessité récente. Elle ne peut qu'être défensive, tournée vers les fidèles. Sera-t-elle capable d'enrayer le déclin de la religion musulmane? Je ne le pense pas. Risque-t-elle de réactiver des convictions affaiblies? La mise en question de la foi est un processus interne et personnel. Son inversion vers un renforcement l'est aussi.

Les religions le savent bien, en ne laissant pas leurs fidèles réfléchir sur les fondements de leur foi. À cet égard, la pratique de la psalmodie, même simplement auditive, ne peut que retarder la mise en question de la foi. Retarder seulement.

Sceptique