L'horrible crime de Wambrechies, l'assassinat d'une adolescente, qui résistait à une tentative de viol, a réveillé une revendication très politique, l'information des maires de la présence dans leur commune d'un criminel, plus particulièrement "sexuel", ayant accompli sa peine.

La probabilité d'une récidive, pas faible, met en émoi, après-coup, les responsables de l'ordre public que sont les maires. "Si on l'avait su, on aurait...quoi?"

Les débats de spécialistes qui ont foisonné ces jours-ci ont plutôt renforcé la position des juristes français, globalement hostiles au lynchage social adopté par les États-Unis, paradigme des cultures façonnées par le protestantisme. Qui a rayé d'un trait de plume le "sacrement de pénitence", tant reproché au catholicisme*.

C'est ce dernier, avec son secret de la confession, qui a imposé cette protection des pécheurs, quel que soit leur crime. C'était allé très loin. Le refuge dans une église arrachait le coupable à la colère de la société.

Il reste de cette culture, en tout cas, c'est mon opinion, le secret du passé d'un criminel, sans distinction de forfait, qui n'est partagé que par la Justice, la Police, et les médecins intervenants. 

Les autres parties d'une société, administration, élus, patrons...ne sont pas admises au partage, et elles s'en plaignent, à chaque drame de cette nature.

Les débats de ces derniers jours confirment que les professions judiciaires (juges et avocats), défendent fermement, et unanimement, le secret des actes et de leurs suites. Les médecins, essentiellement des psychiatres, sont également, par principe, hostiles à la divulgation des faits, de leur suivi. Ils considèrent ce principe comme essentiel à la reconstruction morale et sociale des criminels, y compris des "sexuels". La fréquence des récidives ne leur semble pas justifier le lynchage légal des criminels. Sans effet préventif mesurable, en plus.

Cette "protection" tiendra- t-elle longtemps, grâce aux arguments rationnels qui ont remplacé le religieux? Il y a plus d'inconvénients à craindre que de bénéfices à espérer.

Cette dernière remarque me rappelle un serment royal:"toujours raison garder". Le point faible est la définition de la Raison. Elle se fait maintenant "aux voix", comme beaucoup de concepts.  La science, par exemple.

Sceptique

*Lire, si possible la comparaison du Dr O'Grady dans l'ouvrage d'André Maurois, "Les Silences du Colonel Bramble et les discours du Dr O'Grady",qui illustre bien la fracture produite par la Réforme.