Leur modèle est apparu au sein de manifestations diverses, organisées dans la ville de Nantes, pour des motifs sociaux, ou écologiques (projet d'aéroport à Notre Dme des Landes). Leur violence, les dégâts causés à la ville (mobiliers urbains), et aux commerces (bris de vitrines, saccages) ont forcé les mémoires. "On" les redoute, les procès et les sanctions (légères), ne les impressionnent pas. La simple compassion pour les victimes privées est tombée des lèvres publiques.

Tant il est vrai que l'opinion ne défend que du bout des lèvres les symboles de notre civilisation, les banques, les magasins, les abri-bus, et....les voitures.

Ah, ces saletés!, et les porcs qui les conduisent! Le sketch de l'auto-stoppeur, de Coluche, me revient avec sa férocité. Sûrs de ce qu'il en restera toujours assez pour assurer leurs besoins de déplacement, ces manifestants nouveaux commencent par les voitures neuves dans leurs halls d'exposition. Leur destruction ne fera pas le malheur d'un particulier, mais. d'un commerçant, une espèce nuisible.

"ILS", les blackbloks, ont fait hier une entrée massive dans la manifestation ouvrière du 1er Mai, exclusivité morale de la CGT, partagée et boudée tout à la fois par les syndicats rivaux*.

Et leurs passages à l'acte destructeurs ont complètement occulté la "manif" "normale" et ses revendications annuelles. La CGT se sent profondément humiliée, et en fait le reproche à l'État, qui n'a pas réussi à faire son devoir.

Les "black-bloks" et leurs sympathisants ne défendent pas les intérêts des travailleurs, mais attaquent le système politico-économique qui couvre l'ensemble "de fait", formé par une économie "libérale", ou "capitaliste", et une société démocratique, selon les vocabulaires utilisés.

Pour le moment, "ils" veulent détruire le tout, organisation sociale, et économie marchande. Il faut passer par "la table rase", reprendre tout à zéro. Si l'histoire ne présage rien de bon, c'est de la faute des acteurs du premier essai, insuffisamment radical.

L'hypothèse du caractère utopique de tout projet "socialiste", car contraire à la "nature humaine", et donc, assuré de son dévoiement totalitaire et inégalitaire, est balayée par la toute puissance de leur pensée.

Les exemples divers qui ont fleuri, puis, pourri, au siècle dernier, et dans l'ensemble du monde, ne sont pas retenus comme leçons. 

La première à retenir serait le constat initial: l'homme n'est jamais satisfait de son oeuvre. Plus particulièrement ceux qui en sont exclus, de fait. Par inaptitude, ou pour indocilité.

L'humanité n'aurait de choix qu'entre le pragmatisme tolérant la réalité, et l'utopie socialiste, promise à une dérive, déjà connue, ou pas encore. Une catastrophe certaine, de toute façon.