Sa prise, légitime, du pouvoir, il y a un an, faisait une place importante au parcours politique de ceux qu'il choisissait pour composer son équipe ministérielle. Elle était "panachée", mais cependant, toujours appuyée sur une réputation de compétence, d'efficacité.

Un an plus tard, ce gouvernement n'a connu aucun changement, et accomplit, avec ténacité, la tâche qui lui a été fixée.

Mais ce que laisse entendre un article important de l'Opinion de ce matin, le Président préparerait la suite avec une équipe de conseillers, tous issus de la haute administration, dont on sait que la crême s'appelle l'inspection des finances.

Ce qui veut dire que la qualité d'alter ego est le critère principal du choix du Président. Lui et ses collaborateurs sortent du même moule, parlent la même langue.

On sait combien cette méritocracie est contestée, dénigrée, dans notre République, au nom de son unité de recrutement, pour tout dire, de son esprit de famille. Elle se constitue par affinités, par reconnaissances réciproques, de la compétence, du jugement. Son pendant est l'identité politique, celle du choix de l'idéologie directrice. 

Or, cette dernière s'impose à la réflexion, la soumet à ses valeurs, limite, donc, l'action de la Raison. L'exercice solitaire du pouvoir s'accommoderait volontiers de cette référence unique à la raison, également UNE. Il y a une incompatibilité avec la prise en compte de l'affectif, des passions, dans les choix.

Ce que les politiques ne peuvent accepter, ne serait-ce qu'en raison (et oui!) des demandes de leurs mandants.

On butte, en ce point, sur les limites de la Raison, mais aussi sur celles de la démocratie. Les deux valeurs ne peuvent satisfaire simultanément. Une séquence, ou un panachage, sont nécessaires. Le choix sera politique.Les deux voies d'accès à la profession politique, l'élection, et l'enseignement spécialisé,  créent une                                                                                                                                                                                                                                                                                   indiscutable contradiction.  Mais renoncer à l'une, ou à l'autre, qui a toutes les chances d'être la compétence, serait une grave régression.

Sceptique

P.S. Je n'ai pas d'explication de la coupure qui apparait dans ma dernière phrase, et qui résiste à toutes les tentatives de correction.