À certains égards, la nature ne mérite pas d'être déifiée, comme l'homme d'aujourd'hui a tendance à le faire. Deux faits de l'actualité m'ont inspiré la réflexion qui suit.

Le premier est la mise à mort d'un cinéaste, en Afrique du Sud, par la girafe qu'il filmait. Il réglait sa prise de vue, quand soudain la girafe a pris position, face à lui, et a abattu sa propre tête sur celle du cinéaste. La longueur du cou a eu son effet multiplicateur, la tête du cinéaste n'a pas résisté.

La girafe a la réputation d'un herbivore bonasse, dont les défenses contre les prédateurs se résument à la fuite. Que ses longues pattes rendent efficace. C'est la première description d'offensive ciblée que j'ai sous les yeux. Il faut aussi que l'animal susceptible ait une confiance instinctive en la solidité de son propre crâne.

Le second est l'émoi que provoque le volcan  Kilauea, un des "auteurs" des îles Hawaï, dans le Pacifique, depuis longtemps, maintenant, possession américaine. 

Je dis "auteur", car c'est le volcan qui a formé ,l'île, éruption après éruption, depuis quelques millénaires, un amas de plus de quatre mille mètres d'altitude. C'est le cratère qui se déplace, en raison des mouvements relatifs de la croute terrestre, et du "point chaud" qui la perce pour évacuer le magma qui remonte. C'est un volcan de type effusif, dont la lave est fluide, et surtout, n'entre pas en contact avec la mer qui environne l'île, mais seulement avec l'eau infiltrée dans le sol. Les explosions consécutives aux contacts entre la lave et ces quantités d'eau, ne sont pas dévastatrices.

Les éruptions sont permanentes, mais à faible débit, jamais explosives*, je le rappelle. De temps en temps, comme en ce moment, le flux magmatique est plus important, et s'accompagne de secousses sismiques, de vibrations, de faible puissance, peu ou pas destructrices. La lave qui s'écoule sur les pentes détruit la végétation, et tous les "artefacts" humains qui se trouvent sur son passage.Se basant sur la durée de crises précédentes, "on" prévoit plusieurs semaines, ou plusieurs mois, d'éruptions. 

Le problème de l'homme d'aujourd'hui, c'est sa passion de l'ignorance. Il ne veut plus du savoir des scientifiques, ennuyeux par leur manque de dramatisation, ou de dénonciation d'autres hommes, des maux qui accablent le monde vivant.

Quand on leur rebat les oreilles avec la planète de-rechange-qui-n'existe-pas, ils n'écoutent pas, et continuent à se faufiler avec leur voiture, entre les tuiles qui tombent.

Que les autres réparent ce qu'ils ont détraqué!

Sceptique

*Un nouvel article de la presse québécoise souligne le danger actuel de l'éruption, approchant de la mer, et pouvant entrer en contact avec une mase d'eau conséquente. Il y aurait alors un risque d'explosion. Qui se serait déjà produite à plusieurs reprises pendant les millénaires passés. À cette échelle de temps le risque serait possible.

**Dans cette même rubrique des rapports entre l'homme d'aujourd'hui et la nature, je rapporte la mésaventure dans laquelle s'est engagée une famille française, visitant un "Thoiry" aux Pays-Bas: "elle" est descendue de voiture au grand complet, adultes et enfants, pour contempler de plus près des....guépards. Qui se sont faits menaçants. Nos compatriotes analphabètes se sont repliés à temps!