Comme des milliers de personnes, j'ai été pris à témoin de cette afffaire retentissante: une jeune femme, très affaiblie et semblant souffrir beaucoup, appelle au secours les urgences d'un important hôpital de Strasbourg. Elle peut à peine parler, ne trouve pas ses mots, demande du secours sans pouvoir préciser pourquoi. Ellle se fait remballer, moquer, et finit par abandonner. Elle meurt quelques heures plus tard, d'une hémorragie interne, semble-t-il.

L'afffaire est étalée face au public à l'occasion de l'action judiciaire intentée par les parents de la jeune femme aux urgences de Hôpitaux de Strasbourg.

Il apparait, à partir des enregistrements diffusés, que la régulatrice du Samu s'agace immédiatement de l'élocution faible et imprécise, de l'appelante, se moque, même, et lui conseille d'appeler un médecin. Ce qu'elle aurait du faire elle-même, à partir des quelques précisions que lui donnait l'appelante, parlant de "mal au ventre". Ce détail aurait du faire réagir immédiatement la régulatrice, et la faire transmettre l'information à un médecin urgentiste.

Ce manquement et sa suite tragique suscitent une émotion justifiée, qui atteint l'État, responsable de la santé. L'opinion, secouée, affligée, exprime son étonnement, sa colère. Comment cela a-t-il été possible, est la question en écho.

Il s'agit d'une défaillance d'un chainon du système des urgences, dont il faut chercher la raison, s'il y en a une, ou prendre acte d'une faiblesse méconnue du système. Une défaillance individuelle semble la seule explication, les urgences hospitalières telles quelles sont organisées et mises en action en France depuis quelques décennies ne sont pas en cause. Elles sont et restent La solution idéale pour la prise en charge de toutes les urgences, invoquées, ou constatées. Ce qui était auparavant assuré par les médecins de ville organisés en gardes volontaires, assistées par un centre d'appels téléphoniques, ne pouvait atteindre le niveau, en volume et en qualité, des Urgences Hospitalières. 

Il est de bon ton, aujourd'hui, de leur mettre sur le dos des abus la saturation de ces services, les attentes, parfois en heures, l'inconfort des brancards servant à tous les examens justifiés, et finissant comme lit provisoire au bout du parcours. En regard des services rendus au patient, l'inconfort subi est très relatif. Ce sont des lits hauts, roulants, facilitant le travail des soignants, plutôt que des brancards.

Il n'y a pas d'abus, c'est la solution la meilleure que peut offrir une société comme nous la concevons. Sa qualité, son efficacité, justifient son organisation et son coût.

Cet événement grave est exceptionnel, et semble résulter d'une courte série de défaillances individuelles. Aucun changement, ou ajustement, ne parait nécessaire, au delà de leur définition .

Parce que l'urgence ne peut être l'unique mode de fonctionnement d'un professionnel de santé, la composition des équipes ne peut être rigide. Elle doit permettre à leurs membres de souffler, de connaitre des périodes calmes, même pour les plus professionnalisés.

Sceptique