Chaque vendredi, jour religieux de l'Islam, et ces derniers jours, sous le prétexte de l'ouverture de l'ambassade américaine à Jérusalem, les jeunes gazaouis se répandent dans le no man'sland qui sépare la ville du territoire israélien, dans le but d'atteindre la fontière, de la rompre, d'envahir les mains nues le territoire israélien, et le reconquérir. Tout simplement!

S'ils s'approchent trop, s'ils semblent près de réussir, de prendre pied sur ce qui est devenu, par la force des armes, israélien, les gardes-frontières font des tirs de sommation, puis, tirent vraiment sur les assaillants, en blessent beaucoup, en tuent, forcément trop. Le combat est inégal, mais ce choix est celui des attaquants. 

Les gardes-frontières sont postés pour garder, pas pour simplement regarder.

La situation "géographique" est le résultat d'une série de guerres, contre l'état israélien accepté par l'ONU en 1947.

Ces guerres, une par une, ont été perdues par les assaillants, et l'assailli y a gagné un territoire nettement plus vaste, plus défendable, plus exploitable. Mais le plus symbolique, le plus signifiant, a été la prise de Jérusalem, en 1967, dont les juifs étaient exclus, au début du conflit.

Le même objet est considéré comme sacré de part et d'autre. Pour les juifs, dont elle fut la création et la ville sacrée pendant des siècles. Pour les musulmans, dont le prophète, Muhammad, se considérait comme l'héritier de la mission divine, dévoyée, déméritée, par les juifs, puis par les chrétiens. La mission transmise à l'islam est ferme et définitive, tout événement qui en fait douter, est nul et non advenu. Jérusalem est donc la propriété de l'Islam, point.

Le problème est la situation concrète, palpable,vérifiable, résultant du verdict des armes. Ce sont les israéliens qui sont maitres de Jérusalem. Et des territoires qu'ils ont conquis. Celui de Gaza était égyptien, les israéliens, qui y avaient installé des colonies, l'ont évacué, contre le désir des colons, pour que les palestiniens disposent d'un territoire, puissent y fonder un état, reconnu, et pouvant discuter en égal avec celui d'Israël. De ce point de vue, l'échec est total. Gaza est devenue une tête de pont pour une reconquête . Il ne peut pas en être autrement.

La raison humaine est exclue de ce conflit, totalement par la partie musulmane, partiellement par l'israélienne, pour respecter la symétrie.

Au nom de cette déraison, il y aura encore beaucoup de victimes. Que font les gazaouis de leur tête?

Sceptique