Ces derniers jours ont été marqués par des proclamations de personnalités connues d'un large public, dénonçant des faits de cruauté dans des abattoirs, ou la situation lamentable imposée aux poules pondeuses, dans des usines à oeufs de bas niveau. En effet, dans ce cas particulier, il y a déjà eu des alertes et des campagnes de sensibilisation, et en France en particulier, des normes de confort ont été imposées aux producteurs industriels d'oeufs (il n'existe aucun procédé artificiel de production des oeufs de poule. Ou d'autres volatiles.)

Ces faits et leur médiatisation déclenchent toujours des réactions qui ne se contentent pas de paroles, mais sont passées aux actes violents sur des producteurs, ou des commerçants spécialisés (bouchers, charcutiers, poissonniers.

Le véganisme n'est plus seulement un choix personnel, éventuellement familial, mais un militantisme, comprenant des passages à l'acte.

Si on n'y prend garde, un recours au terrorisme pourrait se concevoir et se développer chez ceux qui embrassent cette cause jusqu'au fanatisme.

Une réaction de la Raison est aussi nécessaire, face à une dérive sectaire des adeptes.

Notre espèce est omnivore. Les premiers hommes ont été des chasseurs cueilleurs, bien avant l'invention de l'agriculture et de l'élevage. Inventions qui auraient mis fin à une situation réelle de pénurie de proies, et de famines chroniques, affaiblissant l'espèce, pesant sur sa progéniture, chroniquement carencée, comme on le voit dans les zones les plus pauvres de notre planète. La diffusion, non "foudroyante" des techniques d'agriculture et d'élevage, s'est traduite par un développement quantitatif* de notre espèce, signalé par les préhistoriens.

Je repasse au présent, remarquable par son déni de notre histoire biologique, et les postures qu'il justifie. Les conséquences sur notre alimentation seront tolérables par les adultes, mais catastrophiques pour les enfants humains, qui ont besoin d'une alimentation carnée, seule capable de leur apporter des protéines qui se se trouvent pas dans les végétaux. Une fois le développement terminé, l'âge adulte atteint, le "véganisme", sans être bon pour la santé, n'est plus mortel.

Comment nos ancêtres vivaient-ils ces contraintes méconnues? Comme ils pouvaient. Les protéines animales ont toujours été plus rares, donc plus "chères", que les végétales. Les produits de l'élevage étaient essentiels. Sauf pour le lait et les oeufs, le sacrifice des animaux faisait partie de l'environnement proche des humains, était familier. J'ai des souvenirs très précis de mon enfance, à l'occasion des vacances à la campagne. Les mains des paysans et des paysannes ne tremblaient pas.

De nos jours, entre les réglementations et l'embourgeoisement des ruraux, cette accoutumance n'est peut-être plus aussi générale. La Grande Surface et son rayon boucherie n'est jamais très loin.

Mais la représentation du sacrifice de l'animal en vue de sa consommation, a, du coup, un impact émotionnel augmenté. Il ne doit pas l'emporter sur les droits de nos enfants à recevoir l'alimentation indispensable à leur développement et à leur santé. Ils n'ont pas choisi d'appartenir à l'espèce humaine! L'offre a pris des formes et des apparences, à la fois simples et bonnes.

Sceptique

*Jean Guilaine

Post-Scriptum: Témoin, ce matin, d'un intense débat sur des médias "audio", sur le sujet des menus de cantines. Est-il bon que les enfants aient au menu des protéines animales, deux fois par jour, à la cantine à midi, chez eux, le soir? Si les diététiciens y voient un inconvénient vérifiable, il faut, soit une enquête minutieuse, déterminant, enfant par enfant, sa situation nutritionnelle, soit la suppression des protéines animales dans les menus de cantines. Au risque d'en priver réellement....les plus pauvres! Le mieux est l'ennemi du bien. Et les enfants scolarisés ne mangent à la cantine, ni le mercredi, ni le samedi et le dimanche. Des créneaux pour se désintoxiquer! Manger pour vivre, ou vivre pour manger, "that is the question!"Rassurons-nous, il n'est question nulle part, du goût, de l'appétence, du plaisir. On ne plaisante plus, en France, avec les péchés capitaux. Ni au lit, ni à table! Aucun, promis, juré!