Une vive émotion s'est répandue, il y a quelques jours, avec l'apparition d'une présidente d'un syndicat d'étudiants, arborant un signe ostentatoire d'appartenance à la religion musulmane. Cette information a ouvert la voie vers une autre, l'islamisation visible d'une université de province, celle d'Orléans. Où domine l'Association des Étudiants Musulmans de France.

Ce qui n'est pas dit, c'est l'effet de cette position majoritaire d'un syndicat confessionnel d'étudiants sur les contenus des enseignements.

la question ne date pas d'hier. Au sein des établissements universitaires de Paris, règnent des situations très différentes, les unes sans conséquences sur l'universalité de l'université, d'autres étant plus abouties vers une réelle confessionalisation, plaçant dans une situation inconfortable les étudiants non musulmans. Les universités nouvelles implantées en banlieue sont plus concernées par une prise en mains ethno-religieuse, que celles, historiques, millénaires, situées au coeur de Paris.

Ce qui semble bien établi, c'est que nos universités ne sont pas concernées par les règles de laïcité imposées à nos enseignements primaires et secondaires. Elles ont été longtemps sous l'influence de l'Église Catholique, et si l'enseignement supérieur ne se soucie que de son niveau, de sa qualité, il a repris la tradition d'indépendance, de liberté, de distance d'avec toute pensée officielle, politiquement correcte. C'est à cet égard un refuge. Non regardant quant au contenu du refuge.

C'est ainsi que l'Université ne s'offusque pas des signes ostentatoires d'appartenance religieuse, de la pratique "intra-muros", mais résiste, antant que possible, aux contestations des contenus enseignés, de l'obligation d'en prouver la possession à l'occasion des examens. De toute façon, "ce sont ses oignons!"

Il y a quelques années, sur ce blog, à partir de ces informations "de première main", j'ai soulevé cette question. J'ai reçu un commentaire d'un universitaire, défendant fermement cette "liberté", sous tous ses aspects. Fermez le ban.

J'imagine que d'autres offrent plus de résistance. J'imagine, aussi, que les étudiants de cette obédience n'abusent pas de la défense des sciences pré-renaissantes, la cosmologie de Ptolémée, le créationnisme, l'histoire sainte du déluge, et de l'Arche de Noé! D'aucuns doivent user des deux savoirs de manière opportuniste, le "traditionnel", et le scientifique. L'un pour frimer, l'autre pour passer l'examen.

J'observe que les musulmans diplômés exercent leur profession de la manière la plus rigoureuse. Comme des générations de catholiques l'ont fait, ils doivent en prendre et en laisser. S'il y a des frictions à ces niveaux d'instruction, ils doivent appartenir aux défis, à la provocation. Pas à l'exercice réel de la profession.

Jusqu'à preuve d'un contraire qui ferait scandale, il est préférable de ne pas faire un fromage de ces accrocs à la laïcité, tant qu'ils ne débordent pas sur l'essentiel de la vie sociale, qu'ils n'entravent pas l'exercice de la profession.

Sceptique