L'histoire de notre Europe en a connu un certain nombre. Des monarques tout à fait légitimes, qui, alertés par les événements français, par les mésaventures des Bourbons, ont réfléchi au futur de leur pouvoir. Attendre ses premiers craquements sous la pression des résistances des sujets soudainement contestataires, ou aller au devant, et décréter des libertés impensables, octroyées sans avoir été demandées.

Ce changement en Europe est maintenant oublié. Ses états qui ont échappé, en 1945, à la cure de communisme, sont maintenant, tous, des démocraties pointilleuses sur les libertés et les droits de l'homme et des citoyens.

Des ambivalences sont observées. Notre pays, la France, n'est pas unanime sur la "privation de communisme", qui a frustré les nations tombées dans l'escarcelle des bonasses États-Unis, qui ont "prêté" les millions de dollars nécessaires à la reconstruction, et au retour à une économie à la fpois prospère et libérale. Cette dérive est restée une profonde douleur pour une partie de notre opinion. Minoritaire, mais stable, et jamais désespérée.

La liberté, c'est bien, mais pas pour tout le monde. Ah, si on pouvait...!..Justement, nous avons un modèle sous les yeux, qui se pose la question.

Pendant des siècles, les peuples du moyen orient ont vécu "à la dure", plus souvent que dans la soie. Parfois salie par une saleté noire et visqueuse sourdant du sol en beaucoup d'endroits, et capable de brûler, indéfiniment.

À des milliers de kilomètres à l'Ouest de l'Arabie, les États-Uniens connaissaient le même phénomène d'une huile combustible suintant du sol. Mais ils en imaginèrent  des moyens d'utilisation plus utiles, plus pratiques. Ce qui, en retour, fit du pétrole une matière première, dont le contrôle constituait un avantage économique, mais aussi politique. Plus le monde découvrait l'intérêt du pétrole, plus les magnats américains en prenaient le contrôle. Tout le monde connait la suite.

Lors de la première guerre mondiale, les turcs, qui avaient encore la haute main sur le proche et moyen orient, jouèrent le mauvais cheval, et se retrouvèrent dans le camp des vaincus. Les monarques arabes changèrent de protecteurs. Les plus disponibles étaient les anglais (qui avaient compris, aussi, l'intérêt du sale combustible), mais les plus riches étaient les américains. Ils le sont encore.

Mais, un siècle plus tard, de vie dorée grâce à la rente pétrolière, sa fin est calculable. Les pays qui en ont vécu, qui en vivent encore très fastueusement, doivent penser à l'avenir, à son tarissement.Ce sont leurs gouvernants qui en ont encore la responsabilité, car les peuples gâtés sont généralement insouciants.

On peut imaginer qu'au coeur d'une société vivant sans souci d'un pactole, il n'y a pas beaucoup de malades des études et du travail, même de la tête seulement.

Il faut introduire dans les esprits le sens des responsabilités et de l'effort. Mais une fois l'esprit ainsi modifié, il ne fonctionne plus du tout de la même manière. Plus libre, plus critique, moins docile. Le Prince propose la longueur de son index. Ses sujets veulent le bras jusqu'à l'épaule!

Comme, relativement, les femmes, les plus enfermées dans leur statut de mineures, sont celles qui en demandent le plus, son sang d'homme conditionné ne fait qu'un tour. De clé dans la serrure d'une geôle!

La solution ne peut être que provisoire. On ne peut rénover une société en en emprisonnant une moitié.

Si l'histoire de nos sociétés offre quelques modèles de conversion, ils ne sont pas immédiatement applicables à une société très structurée comme celle de l'Arabie Saoudite. À laquelle il appartient de trouver les procédures d'adaptation. Les témoins que nous sommes ont le devoir d'être patients, et respectueux des chemins suivis. Nous n'avons pas de leçons à donner. Elles sont à la disposition des demandeurs.

Sceptique