Les infos de ce matin vibrent de l'émotion d'un jeune migrant tunisien, qui vient de se voir notifier un refus de séjour illimité, et devra repartir vers la Tunisie. Il invoque sa participation, il y a bien trois ans, au sauvetage d'enfants en danger, dans un appartement en feu. Ses supporters soulignent la différence de traitement avec Mamoudou Goussama, le jeune malien "monte-en l'air".

On peut le déplorer, mais l'émigration de Tunisie ne pouvait être qu'économique. La Tunisie respecte les droits de l'homme, et traite ses citoyens en citoyens. Elle est globalement victime du terrorisme, qu'elle a réussi à extirper, mais qui lui a causé un grave préjudice économique, à travers son activité touristique. Qui repart, depuis quelques mois, mais n'a pas encore retrouvé son plus fort niveau.

Le Mali est par contre en guerre, sa partie Nord étant attaquée par le terrorisme islamiste, qui, parfois, parvient à faire des incursions meurtrières au coeur du pays. L'insécurité a des effets sur l'économie, et pousse à l'émigration. Autant politique qu'économique Le premier pèse plus lourd que le second.

Comparaison n'est pas Raison, donc. Si tout projet d'émigration vers l'Europe a une justification individuelle, une justification collective ne peut être automatique.

Ce que le jeune tunisien aura acquis grâce à son long séjour clandestin en France, en matière de langue, par exemple, pourra constituer un avantage, qu'il lui appartiendra de faire valoir.

Sceptique