Un drone américain, produit par un savoir faire, complété d'un "savoir chercher"(la cible), a mis fin à la vie d'un Taliban pakistanais, Maulana Fazlullah. 

Sa passion était d'empêcher l'instruction des filles, dont le destin n'était pas d'aller concurrencer les hommes sur leur terrain désigné. 

C'est lui qui avait "commandé" la tentative d'assassinat de la jeune Malala, qui réclamait le droit à l'instruction pour les filles. C'est lui qui avait organisé l'attaque d'une école, faisant cent cinquante morts parmi les élèves et les enseignants. Son influence négative contribuait à l'âpreté des combats, et justifiait l'opération de liquidation ciblée.

J'insiste sur le mot "destin" (ce qui est donné), car il est à la fois vrai (une partie de ce que nous sommes est déterminé par notre sexe, et par l'environnement social dans lequel nous entrons à notre naissance), et faux, car sa rigidité est contestable, et la soumission à laquelle nous sommes invités par l'environnement familial, peut aussi, individuellement, être contesté, et contrarié. Dans l'exercice de sa vie, l'histoire en a relevé un certain nombre, très peu élevé dans les débuts de l'histoire, en réelle augmentation, suivant le mouvement d'émancipation des individus, dont le rapport à la société moderne s'est inversé. De contribution à la vie de la société, le rapport est devenu la contribution de la société à la vie de l'individu, de plus en plus central. Son désir lui donne droit à une réponse, à une assistance à sa réalisation.

Les religions, dont la base est l'interrogation des hommes sur leur...destin, rarement drôle, "projettent" toutes vers un créateur et ses assistants les bizarreries, et la cruauté largement distribuée par la vie. C'est comme ça et pas autrement explique solidement le fatalisme qui domine l'humanité. La vanité de nos révoltes nous y ramène après chaque rêve.

Quant à nos religions, dont aucune ne nous invite à la contestation, elles attendent tranquillement le moment où nous-mêmes, ou ceux qui nous aimaient, souscrivent notre assurance éternité.

Elles ont eu largement le temps, encore, de constater que la connaissance ne présageait rien de bon pour elles. Dans leur ensemble, tant qu'elles l'ont pu, elles l'ont confisquée, la réservant à des personnes sûres, faisant la part des choses.

La seule exception, millénaire, est la religion juive. Quand ils ont l'âge adéquat, les enfants aprennent à lire la bible dans le texte, et à dire comment ils la comprennent. Il n'y a pas de clé d'interprétation, qui est libre.

Cette exception confirme la règle de la méfiance des religions à l'égard des connaissances qui peuvent affaiblir ou remplacer celles qu'elles enseignent, et qualifient de sacrées. Nous avons oublié nos propres luttes de libération des savoirs, de leur accessibilité à tous, des conclusions qui en résultent librement.

Sceptique