Bien sûr, si un journaliste demandait à Philippe Martinez s'il considérait comme légitime la République, il répondrait sûrement que Oui, la République, son Président, son gouvernement, son parlement, sont légitimes.

Pourtant, par sa décision de poursuivre, seul s'il le faut, le mouvement social qui perturbe depuis plus d'un mois le service public, "de fait" qu'est la SNCF, signifie pour beaucoup une fin de non recevoir une réforme élaborée par un parlement  et un gouvernement, élu par le peuple pour le premier, désigné par le président de la République, conformément à la constitution.

Rejeter, comme nuls et non avenus, les actes de la représentation nationale qui ont abouti à cette réforme, est un acte de désaveu de la construction politique, constitutionnelle, qui définit le pouvoir légitime de la République. 

Toutes ses institutions ont exercé les pouvoirs, législatif et exécutif, que leur conférait la constitution. C'est la Nation qui s'est donnée ces institutions, et a légitimé tous les niveaux de pouvoir. Si lui résister fait partie de nos libertés, le nier est intolérable. La faiblesse du pouvoir effectif, chronique, n'est pas un argument suffisant. Ëtre dans l'opposition ne dispense pas de l'application de la loi. Les occasions de manifester au gouvernement son désaveu sont programmées, et surviendront aux dates fixées.

Les doutes qui neutralisent l'autorité de l'exécutif sont un phénomène grave, qui inspire le même refus de toutes les mesures nécessaires, prises par les politiques, légitimés par leur élection. Qu'ils ne plaisent pas à tous est humain. Le régime démocratique définit les règles de la légitimité,de ses changements. Peut-on créer une société pacifiée sur la base d'une désobéissance civique? D'un refus d'un ordre. Il n'en a existé d'exemples qu'invivables, vite éliminés, au profit de dictatures..

Sceptique