C'est le souhait, lâché par un bulletin d'agronomie, qui m'est adressé régulièrement. 

Oui, mais quelle science? 

Elles sont séparées en sciences "exactes", et "sciences humaines". Les premières sont démontrables, mais aussi réfutables, dès qu'un fait nouveau doit être intégré, et oblige à un renouvellement de la théorie en vigueur.

Les secondes sont les sciences "humaines", fondées sur l'interprétation de faits, dont les humains se reconnaissent les auteurs(des faits et des interprétations. On ne peut démontrer, ni qu'elles sont vraies, ni qu'elles sont fausses. C'est affaire d'opinion!

Ainsi la politique, science de la conduite des sociétés humaines, dont il n'échappera à personne qu'elle est très variée, et objet de convictions et de polémiques furieuses.

Il n'est pas nécessaire de demander aux politiques de s'occuper des aspects de la vie humaine qui nécessitent une compétence scientifique. Ils le font. Mais ils se divisent sur la question de la prise en compte de l'avis des experts, ou de sa mise sous le coude. Les effets de ce choix sont rarement bons, et les responsables politiques avisés prennent avis auprès des experts, et suivent leurs conseils.

La pratique n'est malheureusement pas si simple. La pensée politique est soumise aux pressions des demandeurs, qui peuvent l'emporter sur les objections des experts. Ces derniers ne sont pas à l'abri d'une subjectivité idéologique. Qui a contribué à leur choix. Malgré leur nom, les expertises ne sont pas à l'abri des contestations.

L'esprit scientifique a, cependant, par principe, une méfiance envers la subjectivité humaine, et s'efforce de coller aux règles de l'objectivité. Or, ce n'est pas sur cette base que repose la pratique politique, et pour peu que la formation soit faible, ou nulle, dans les domaines des sciences autres qu'humaines, il y a un risque d'erreur, personnelle, ou celle du conseiller sollicité.

Ainsi, Monsieur Nicolas Hulot, Ministre de l'Environnement. "ON", voudrait qu'il se prononce plus fermement sur l'avenir de la production nucléaire d'électricité. Mais selon qu'il questionne....Ségolène Royal, par exemple, ou le Patron d'EDF, il n'a pas la même réponse. Cette dernière est plus tranchante:"si on ne veut pas de coupures (du courant), on se repose sur le nucléaire". Si le niveau des études de Nicolas Hulot n'est pas celui du patron d'EDF, les arguments réciproques ne le sont pas non plus. Et quelqu'un d'autre du même niveau dans le gouvernement est peu probable. Ça se saurait!* Il fut un temps où il y avait au moins un polytechnicien dans le gouvernement. La dernière était écologiste! Possiblement auto-censurée sur cette question.

Comme on ne peut pas modifier radicalement les critères de recrutement des futurs politiques, un collège d'experts, désignés par les académies scientifiques (Sciences, Médecine...)à la consultation obligatoire par le gouvernement, devrait être institué. "On" y gagnera du temps et du consensus.

Sceptique

*Il y a un mathématicien de très haut niveau dans le Gouvernement, Cédric Villani. Mais il n'est pas sûr qu'il s'autorise à trancher un problème d'ingénieur. Même si sa culture en Physique le lui permettrait.