"Évident, Docteur Watson!

On m'objectera les heureux hasards des loteries, mais le fait de jouer témoigne du désir de devenir riche. Sans avoir d'effort à faire pour  y parvenir.

Dans tous les autres cas, le désir de devenir riche s'étaye sur le choix d'une activité lucrative, une volonté d'en acquérir les moyens, une analyse lucide des facilités et des obstacles pouvant se trouver en travers du parcours. Aucun ne doit dominer la volonté de réaliser le projet. Au bout de la réflexion, la marche vers son but sera décidée et soutenue, prenant appui sur les réussites intermédiaires.

Le contexte socio-économique doit être favorable, capable de laisser une place à un projet non programmé. La société ne doit pas être hostile aux initiatives et aux réussites individuelles. Mais le facteur individuel est le seul "actif". Alors que l'acceptation du projet individuel est passive ."Nihil obstat".

Si on approfondit l'analyse des facteurs moraux, psychologiques, positifs, ou négatifs, de ces choix, le dédoublement des influences religieuses, qui portent les arguments moraux est patent:

Le catholicisme, dont le texte désavoue la richesse et son porteur, le riche soutient une position négative, qu'il lui faut nuancer, car sans les riches, d'où viendrait l'argent nécessaire à l'ÉGLISE?  Mais cette catégorie sociale ne devait pas trop se voir. Il était préférable que la richesse acquise en reste au niveau atteint.La recherche d'un développement n'était pas franchement encouragée.

La réforme protestante, qui a supprimé le sacrement de pénitence, et a postulé une tolérance de la réussite, sous condition d'un bon usage, en conscience, de la richesse acquise, a changé complètement la psychologie collective de la société: la réussite est le signe d'une approbation divine, qui crée des devoirs envers les autres membres de la société. L'observance de ces devoirs absout de toute faute le bien acquis. Celui qui a réussi doit mettre la grâce divine au service de la société, par les moyens les plus divers. Les fautes sont individuelles, et le restent. L'auteur en restera comptable, jusqu'à sa mort.

Ces influences religieuses sur notre rapport à la réusssite (individuelle), ne sont plus aussi visibles, mais restent réelles*. Nos clivages politiques s'y superposent, encore plus, de nos jours, qu'il y a quelques années.

Sceptique

*Il y a quelques mois, j'ai pu lire les productions, polémiques, d'un mouvement français se réclamant d'un libéralisme.....on ne peut plus dogmatique. Bien hexagonal, en fait.