C'est précisément pour assainir le financement des partis politiques qu'il est devenu, sous la forme d'une base égale, calculée, logiquement, sur les performances électorales du parti receveur, payé en partie par l'État, garant de l'égalité des moyens.

Nous formons une démocratie, dotée des institutions les plus sophistiquées, et en même temps, claires. L'égalité, des chances, y est rappelée ligne après ligne, tellement....c'est nécessaire. Car elle "fend le coeur" de tous les partis politiques. Et des hommes, et femmes au pouvoir, gênés par la présence de rivaux d'autres partis.

Il fut un temps où le financement des partis politiques, honteux, et secret pour tous, finit par envoyer devant des tribunaux de bon appétit, leurs trésoriers, et leurs commanditaires les plus actifs. Eux ou leurs "fusibles" se retrouvaient condamnés à des peines sans incarcération, mais réduisant leurs droits politiques (inéligibilité). Des coups rudes pour les partis et leurs cadres.

Nous n'aimons pas prendre des leçons de l'étranger. Toute honte bue, nous nous sommes mis à leurs méthodes franches. Un chat est un chat, un sou est un sou. Le souci de l'égalité a abouti à notre système. Mais nos tendances inégalitaires s'expriment tôt ou tard. Leur "projection"* sur les "autres" libère nos scrupules. Même sans fondement, la méfiance fait partie de notre nature.

Je ne sais pas sur quels éléments un parquet financier s'est fondé, mais toujours est il qu'il a bloqué la subvention d'État versée au Rassemblement National, nouveau nom du Front National. Le parti de Marine Le Pen est mis sur la paille. Sa Présidente crie à la discrimination, et annonce qu'elle fera appel aux dons. L'injustice qui lui est faite, à l'instigation de qui, recrutera peut-être des donateurs outrés par l'injustice.

Les mauvaises habitudes du quinquennat de François Hollande, qui a vu diverses manoeuvres judiciaires dans la vie politique, persistent. Une institution qui s'est vu attribuer un moyen de contrôler la vie politique, ne s'en désaisit pas pas spontanément. Ce qu'un chef a fait, c'est à un autre chef de le défaire. Les "bénéfices secondaires" font trainer les décisions d'assainissement.

Je n'ai pas entendu que les autres partis politiques se soient solidarisés avec le Parti de Madame Le Pen. C'est courant. Chaque parti, en France, s'accomode du malheur des autres, ne pouvant croire qu'il puisse, à son tour, être victime de la même disposition tordue.

Sceptique